« Allo Tyler, on avait raison depuis le début, on a la cassette dont a parlé Sylvie Okafor. La bande Rouge. Il y a vraiment une bande rouge sur la putain de cassette. Les plantes, l’asphodèle tout est… en plus il y avait un message avec un signal. Il est actif depuis 72h c’est pour ça que les types sont fous et regardent les murs. Je le savais depuis le début et personne m’a cru, personne m’a cru et maintenant les preuves sont là. Elles sont là ! Le quartier Est est corrompu, le quartier nord est corrompu, et bientôt ce sera toute la ville. Il faut qu’tu viennes ! »
– ADRIAN RORSCHACH –
Pitch
Depuis le départ de Ricks Power, les rangs du Super Green Club évoluent et changent, laissant la place aux nouvelles recrues et à leur contact. Harrisson Kar, nouvellement en charge de certains dossiers, fait appel à la jeune Harriett Azur avec laquelle il avait pu explorer les mystères de l’Asphodèle Résineuse, et à un groupe de nouvelles recrues aux ambitions différentes pour explorer les mystères d’une VHS étrange.
personnages-joueurs
- Harriett Azur, interprétée par Bruce Benamran. Etudiante et serveuse dans la Pizzeria Cynthia
- Tyler « Smooth » Cox, interprété par Guillaume Sheol. Un chasseur de primes aux valeurs bien définies et solides
- Maxwell Hadock, interprété par Quentin Tentaculaire. Un Assureur du comté d’Aurora, croulant sous les dettes
- Adrian Rorschach, interprété par Mathieu Sommet. Un ancien policier d’Aurora, hautement paranoïaque.
vidéos
La suite de l’article est une retranscription complète de l’épisode, si vous ne souhaitez pas vous divulgâcher la découverte, ne lisez pas plus loin. L’épisode est accessible sur YouTube
personnages-non-joueurs
- Angélica, serveuse au Braxton Bar
- Sylvie Okafor, femme d’une quarantaine d’années, neurobiologiste, spécialisée dans le potentiel cérébral humain
- Mitzi Rose et le centre botanique (évoqués)
- Harrisson Karr, jeune producteur du SuperGreenClub (rencontré dans le dossier Asphodèle)
- Jonas Cohen, journaliste du Daily News Aurora, auteur de « Les Rats du Conseil »
- Makenzie Willis, journaliste du DNA
- Les disparus mentionnés : Denis Alcott, Pat Moreau, Marcus Tule, Sonia Breck, Rei Costas et Claire Oseille.
- Royal Ruttledge : Coach de vie et de bien être
- Elliott Vayne, directeur artistique de KAUX9 impliqué dans les expériences d’APEX
lieux, organisations et centres d'intérêt
- Le Braxton Bar
- Le SuperGreenClub
- Le Daily News Aurora
- Complexe Aldric
Rencontre au Braxton Bar
Au Braxton Bar, sur les berges est d’Aurora, les membres de cette nouvelle équipe ont rendez-vous pour se rencontrer à la demande du SuperGreenClub avant de se voir confier une mission. Harriett, travaillant à la pizzeria non loin du bar, arrive sur place alors que Tyler y est déjà installé, rejoint par Maxwell qui avait attendu dans sa voiture l’heure du rendez-vous pour s’assurer d’être parfaitement ponctuel. Maxwell et Tyler ont eu l’occasion de se croiser dans les couloirs du SuperGreenClub et se connaissent un petit peu.
Tyler est accoudé au bar, une bière à la main, il échange avec le patron, sa longue veste encore sur le dos, lorsque Harriett entre dans les lieux. Elle ne semble pas vraiment à l’aise ou à sa place dans cet environnement, et on sent qu’elle est anxieuse de faire une première bonne impression auprès de ses nouveaux collègues. La jeune femme reconnait le chasseur de primes et s’approche de lui et le salue d’une petite voix, il hoche la tête, son chapeau en main. Maxwell entre à son tour, parfaitement à l’heure, son plus joli gilet sur le dos, les patchs en cuire sur les coudes. L’assureur commande au bar ce qu’il pense être la bonne boisson pour leur rencontre et s’approche avec une très mauvaise bière, lui qui n’a pas l’habitude d’en boire. Maxwell a un grand sourire, il est très enthousiaste à l’idée d’apprendre à leur contact.
Installés à leur table, ils attendent Adrian qui tarde à arriver. Maxwell évoque la possibilité qu’il soit bloqué dans les embouteillages alors qu’à l’extérieur pas une voiture ne passe. Tyler sort de son carnet une longue liste de consignes pour contacter l’ancien policier, passant par une succession de techniques détournées pour s’assurer que personne ne le repère. Le chasseur de primes tend la liste à Maxwell « si tu veux le contacter ». Ils décident d’attendre encore un peu avant de lancer la procédure complexe. En attendant, ils apprennent doucement à se connaitre dans un silence un peu gênant. Maxwell a de la mousse dans la moustache qui attire l’attention de ses compagnons régulièrement.
Adrian finit par arriver dans le bar. Il bouscule un client en entrant et le fusille du regard, il renifle machinalement, sa dernière prise de drogue déjà un peu loin « qu’est-ce que tu veux toi ? on s’connait ? ». L’homme bousculé bafouille devant l’ancien policier, et cherche à s’expliquer mais Adrian ne veut rien entendre, persuadé que cette personne le suit ou lui veut quelque chose. Repérant ses compagnons du SuperGreen à une table, il s’éloigne de son interlocuteur en le regardant mal. Adrian est sale, négligé, il ne semble pas en bonne santé, et pourtant garde une prestance immanquable. Angelica, la serveuse du Braxton le repère immédiatement et le sait habitué des lieux, tout en étant suffisamment instable pour générer des problèmes.
Voyant qu’il se dirige vers une table précise, elle le devance et s’adresse à Tyler, Maxwell et Harriett « vous le connaissez ? il y a déjà eu des problèmes avec lui ici… vous n’allez pas en causer ? la dernière fois… il y a eu une bagarre ». Adrian pose sa main sur son épaule en arrivant « y aura pas de problème », Tyler ajoute « moi les problèmes je les règle, je ne les cause pas » et Maxwell confirme « il n’y en aura pas ». Angélica s’éloigne et les quatre compagnons sont laissés silencieusement à la table.
Harriett hésite à se lever, proposant d’aller chercher une planche de victuailles, Maxwell la remercie et tend sa main vers la jeune femme qui la saisit « enchanté, je suis Maxwell ». Adrian, connaissant déjà les deux autres superficiellement, se tourne vers elle « c’est toi la nouvelle ? c’est quoi ton prénom » « Harriett, mais les gens m’appellent Harry » « Okay Harriett, moi c’est Adrian ».
La jeune femme essaie de se calmer dans son siège, son arythmie – active depuis sa dernière aventure à Aurora – reste sous contrôle bien qu’un peu inquiétante, surtout avec la consommation d’alcool. Le temps s’allonge à la table, chacun sur la réserve. Maxwell rompt le silence « Est-ce que vous avez des informations sur l’enquête ? des éléments importants qu’on vous aurait donné, ou quelque chose sur vous que vous souhaiteriez partager pour que l’on bosse bien ensemble ? ». Adrian, en reniflant, lui confirme qu’il n’y a rien à savoir « y a pas de problème, on va bien bosser ensemble. C’est votre première enquête ? les p’tits nouveaux là… Smooth t’as l’air solide, la petite… bon…, et toi Maxwell, c’est ta première ? » « je fais des enquêtes pour le comté d’Aurora, par exemple… la semaine dernière j’ai enquêté sur une voiture qui s’est encastrée dans la morgue », Harriett réagit « Ah oui ! J’avais vu ça, j’ai même fait une story ».
Maxwell, toujours en train d’expliquer l’importance de la pente à trois degrés qui a aidé l’accident de la morgue, perd doucement l’attention de ses compagnons dont le regard devient vitreux. Du coin de l’œil, Maxwell, le seul encore vif et alerte, passionné par son monologue, repère du mouvement à l’extérieur du bar.
Déambulations suspectes
Tyler est le premier à sortir, sa carrure en imposant beaucoup. Dehors, les passants se tiennent éloigner des hommes en noir qui leur intiment de se tenir à distance. Au centre, une femme, pieds nus, avance sur l’asphalte. Elle a une quarantaine d’années, l’air hagard, un sourire doux, le regard qui glisse sur son environnement sans trouver prise. Les hommes en noir précisent « tout va bien, on s’en occupe ».
Tyler fronce les sourcils et inscrit ce qu’il voit dans ses souvenirs, il observe la situation attentivement. En tournant son attention sur les hommes, il repère des oreillettes lorsqu’ils s’approchent de la femme en l’interpellant. Adrian et Tyler regardent attentivement leur posture à la recherche d’armes ou de signes distinctifs, et des holsters se dessinent sous les vestes de costumes sombres. Tyler s’avance « Vous êtes qui ? » « Vous, vous êtes qui ? nous gérons la situation » « ouais, mais à quel titre ? police ? agence gouvernementale ? ». L’un d’eux s’interpose entre la scène et le chasseur de prime et lui tend une carte « APEX, santé publique, division Aurora » et l’invite à quitter les lieux, voire à quitter la ville pour les prochains jours. Tyler questionne si une menace biologique est envisageable et n’obtient pas de réponse complémentaire. Adrian profite de la discussion entre son compagnon et l’un des hommes et se rapproche, observant particulièrement la jeune femme, se reposant sur ses réflexes d’ancien flic.
Maxwell émerge du Braxton après avoir payé l’addition et, voyant la scène, sort son appareil photo noué à un joli cordon tricoté main provenant d’une réserve indienne, d’autour de son cou et commence à immortaliser la scène. Harriett, à ses côtés, sort son téléphone et filme.
Adrian repère que le comportement de la femme semble perdu, tâtonnant, stone, comme en redescente de quelque chose. Il saisit la première fenêtre de tir possible pour s’approcher d’elle et lui demander si elle va bien, si elle est sous influence, si elle sait où elle est. La jeune femme le regarde et se présente d’une voix perdue « Je suis le Docteur Sylvie, Sylvie Okafor. » « Vous travaillez où madame ? » « Studio B… bande rouge… il recommence… ne regardez pas l’écran ».
Alors qu’Adrian s’apprête à questionner un peu plus, un des hommes en noir pose sa main sur le médecin « madame, on s’occupe de vous, ça va aller. Vous n’êtes pas bien, vous avez besoin d’aide. Madame, on va vous aider, là vous êtes en danger, vous n’êtes pas bien ». Celui qui avait tendu la carte APEX à Tyler insiste calmement « vraiment, je vous conseille de rester chez vous ». Les hommes entrainent Sylvie vers une fourgonnette blanche, sans matricule.
Adrian reste immobile, interpelé, repensant à la disparition de se femme. Beaucoup de passants filment la situation comme Harriett et Maxwell. L’ancien policier se rapproche de Tyler pour partager ce qu’il a retenu de son interaction courte avec la jeune femme, demandant si ça peut avoir un lien avec l’enquête du SuperGreen. Maxwell prend son téléphone pour chercher si des informations sont accessibles sur APEX en ligne, pendant qu’Harriett cherche dans sa mémoire si la scène lui rappelle l’un ou l’autre des complots dont elle a connaissance. Une conversation avec Harrisson lui revient, en effet beaucoup d’hommes en noir ont été repérés à Aurora, leur présence est connue et ça ne peut pas être une coïncidence. Maxwell lève la tête de son téléphone, l’organisme existe bien en ligne, enregistré à Aurora depuis onze semaines déjà, mais rien de plus n’est renseigné. Juste une domiciliation, une boite postale, mais pas de bâtiment.
La rue se vide et les quatre compagnons se retrouvent seuls, ensemble. Harriett, très anxieuse de faire ses preuves, montre les vidéos qu’elle a faite. Adrian s’écarte un peu pour faire des recherches sur Sylvie Okafor qui se révèle être une neurobiologiste, travaillant sur le potentiel cérébral. Maxwell lui cherche le Studio B et ne trouve rien de spécifique, c’est un terme trop générique et beaucoup d’informations multiples et contradictoires émergent. Tyler lui, finit par rompre le silence « je voudrai pas jouer les rabat-joie, mais on est là pour un boulot, on va peut-être se concentrer sur ce qu’on va nous confier plutôt que là-dessus. ».
De retour dans le bar, ils échangent sur la scène qui finit par devenir une anecdote. Maxwell propose d’aller au SuperGreenClub pour récupérer leur mission et suivre l’invitation de Tyler. Harriett demande naïvement « vous pensez que c’est une coïncidence que le Green Club nous ait demandé de nous réunir ici en sachant qu’il se passerait quelque chose ? », la parano d’Adrian se réveille « je ne crois pas aux coïncidences. Je pense que c’était calculé pour qu’on voit l’incident et qu’on remonte la piste. Les gens qui disparaissent, ça m’intrigue, si vous ne voulez pas suivre cette piste moi je vais le faire. ».
Maxwell intervient, inquiet « c’est peut-être dangereux… j’veux dire, elle est docteur biologiste, certains bossent pour l’état… peut être qu’elle est contaminée par quelque chose… » « on est tous contaminé ! » répond vivement Adrian. Pensant qu’il fait référence à la prolifération de rats, Maxwell n’insiste pas, mais Harriett elle questionne et caresse la paranoïa d’Adrian dans le bon sens. Tyler se relève « BON. Messieurs, madame, ce fut une charmante rencontre, mais il se fait tard et j’ai des choses à faire, j’vais vous laisser discuter de tout ça, j’ai l’impression que vous maitrisez le sujet… au plaisir. » « tu nous abandonnes Tyler ? » questionne Adrian, surpris. Le chasseur de primes précise que ce n’est pas la curiosité qui alimente le moteur de son chopper, qu’il ne travaille pas gratuitement, et quitte les lieux.
Maxwell propose d’envoyer un message au SuperGreen pour informer qu’ils se sont bien réunis et Harriett demande si c’était juste cette réunion là leur job. Adrian s’agace, insistant sur le fait que c’est une certitude qu’ils étaient là pour être témoin de quelque chose d’étrange et que c’était bien ça le job. Et que, surement, Sylvie avait le dossier de la mission qu’ils devaient tous les quatre entreprendre. Sentant sa manie prendre le pas, il commence à imaginer que peut être elle était en possession d’un implant avec les informations et qu’ils ont loupé l’opportunité de s’en saisir. Harriett panique un peu en voyant Adrian évoquer de telles possibilités, qui s’amplifie en repensant à la dégaine des hommes en noirs et à leur affiliation à une organisme de santé publique. Au loin on entend la moto de Tyler démarrer, quittant définitivement les environs.
Maxwell envoie finalement son message au SuperGreen au sujet de Sylvie ainsi qu’une photo « c’est pour ça que vous nous avez réunis ? » qui lui répond de rester connecté. Adrian fouille la vie de Sylvie sur son téléphone et découvre qu’elle travaillait comme libérale au centre botanique sur le bien-être de l’influence florale. Il murmure « du contrôle mental par les cactus… » et fait bondir Harriett, encore traumatisée par son expérience avec la fleur Asphodèle qui réagit « alors… les cactus je ne sais pas… mais l’asphodèle… ». Adrian et Maxwell se tournent vers elle, attentifs. Harriett partage son expérience avec Harrisson lors du dossier Asphodèle, les effets de la fleur, et son contact avec Mitzi Rose, la responsable du centre botanique. Adrian se tend légèrement et finit par sous-entendre que la jeune femme est peut-être liée au complot, ce qui angoisse Harriett, l’accusant de ne pas tout dire. Harriett se défend, prévenant qu’il faut se tenir éloignée de Mitzi et des gens qui gravitent autour d’elle, son arythmie s’intensifiant.
Tyler, de son côté, s’envole en chopper, n’oubliant pas les conseils d’APEX qui parlait d’une menace biologique, et se met en périphérie de la ville. Il s’installe au sud de la ville dans un garage automobile, prêt à s’enfuir si besoin, ou à revenir si du boulot l’appelle. Il reçoit un message d’Adrian « les plantes… le cerveau… ils contrôlent le cerveau, attention » qu’il laisse en « vu ».
Au Braxton bar, Maxwell fait une recherche sur l’asphodèle et montre l’image à Harriett, et la jeune fille lui dit que ce n’est pas la même, que celle dont elle parle est exposée au centre botanique et est très spéciale. Adrian propose d’y aller pour enquêter, et elle prévient que s’ils croisent la responsable, elle fuira rapidement. Alors qu’ils se mettent en route pour le centre, Maxwell reçoit un appel du SuperGreenClub « Monsieur Hadock, réunissez le groupe, vous avez dix minutes pour nous rejoindre au Quartier Général » et invite ses compagnons à attraper la voiture pour rejoindre la presqu’île. Adrian envoie un nouveau message à Tyler « RDV au SuperGreenClub, vite. Les plantes avancent. ».
Le Dossier du Super Green Club
En arrivant dans le quartier riche du SuperGreenClub, trois des quatre compagnons reconnaissent les membres de la sécurité à l’entrée. L’un d’entre eux est face au mur, vierge, le regard fixe, le sourire aux lèvres. Face à l’étrangeté de la scène, Maxwell sent le malaise grimper. La personne qui regarde le mur se tourne doucement et accroche son regard, augmentant son angoisse. Son nez se met à saigner abondamment. Il attrape un mouchoir dans sa poche, le roule, et l’insère dans sa narine pour endiguer le problème. Adrian avance vers la personne face au mur, décidé à l’aborder de la même manière que Sylvie Okafor. En arrivant proche, il devine un comportement identique et, à son tour, l’anxiété grimpe et la certitude qu’il avait raison d’être parano s’ancre en lui. Les comportements bizarres, les regards vides, les sourires figés, tout sonne étrange.
Le second vigile assis devant le SuperGreen interpelle finalement Adrian qui se tient très proche de son collègue « Bonjour, je prends le relai. Vous êtes là pour le rendez-vous ? » « Qu’est ce qui lui arrive à lui là ? » « On ne sait pas trop, il a un peu la tête ailleurs en ce moment » « il fait partie du SuperGreen ? » « Oui, c’est un membre de la sécurité, un nouveau venu » « il a été en contact avec une plante récemment ? ». Le vigile pointe l’environnement savamment boisé, les fleurs et les arbres « c’est-à-dire ? » « Une plante étrange, pas comme les autres, une plante avec une volonté, un dessein pour l’humanité » « Euh… alors, on est au travail là… jamais pendant les heures de travail, mais j’en veux bien après », il glisse dans la poche d’Adrian sa carte et son numéro, lui tape sur l’épaule et lui offre un clin d’œil avant d’indiquer l’entrée du bâtiment au reste du groupe « on vous attend ». Adrian est un peu choqué, pas certain de ce qui vient de se passer, Maxwell suit l’ancien flic en se pinçant le nez, Harriett sur ses talons.
Dans les couloirs du SuperGreen, autour, beaucoup de nouveaux membres du personnel sont présents, ils arborent presque tous le même comportement que Sylvie. Certains regardent machinalement le mur, d’autres sourient, ou ont l’air absent. Comme un écho de la scène du Braxton bar. Adrian, inquiet, sort un mouchoir de sa poche et se cache le visage « protégez vos nez, le lieu est contaminé », Harriett qui tente de son mieux de s’apaiser en respirant profondément, cesse immédiatement et ne prend que de petites inspirations. Ils s’enfoncent dans les lieux jusqu’à un petit salon de conciliabule. Harrisson les accueille, au grand plaisir d’Harriett heureuse de retrouver son ami. Il sourit, joyeux, dans sa tenue classe, manches de chemises retroussées, lunettes de soleil au col « Harry ! Harry, te voilà ! Enfin, je suis content de te retrouver. Adrian, c’est vous ? ». L’ancien flic hoche la tête, son mouchoir toujours sur le nez, refusant de lui serrer la main. Harriett s’adresse au jeune producteur « ça fait longtemps que les gens regardent le mur ? » « ah… non… mais c’est vrai que… en ce moment c’est un peu étrange. Leur attention pour le « ailleurs » m’interpelle aussi… et vous ? vous êtes Maxwell ? ». Juste à côté d’Adrian, en train de rouler des bouts de mouchoir en tampon pour se les insérer dans le nez, Maxwell le salue à son tour. Harrisson regarde autour de lui, surpris « et Tyler ? il n’était pas censé être avec vous ? » « Il arrive, il a un peu de retard » lui confirme Adrian.
Maxwell n’attend pas plus et aborde le sujet de la scène à laquelle ils avaient été témoin un peu plus tôt et mentionne APEX. Harrisson confirme que c’est bien le sujet qui les réunit ce jour. Dans l’ombre, enfoncé dans une alcôve, la lueur du bout d’un cigare qui rougeoie attire son attention, un dossier émerge et un serviteur le saisit, l’emmenant vers les trois compagnons. Adrian le prend immédiatement et l’ouvre. Dans le dossier, une carte d’APEX, identique à celle que Tyler a récupéré, dont le nom est entouré en rouge plusieurs fois. Harriett et Maxwell se tournent vers Harrisson, l’assureur montre l’écran de son appareil photo et la scène qu’il a capturé plus tôt et Harriett demande s’ils avaient été envoyés au Braxton Bar pour être sur place pendant cet évènement. Si Harrisson ne précise pas que le SuperGreen savait pour les déambulations de Sylvie, il confirme qu’APEX était sous surveillance depuis quelques temps et que le club avait la crainte de les voir agir d’une manière ou d’une autre.
Adrian se redresse « c’est un complot ? », puis reporte son attention sur le reste du dossier d’où il tire une lettre manuscrite qu’il s’efforce de lire au reste du groupe, entrecoupé de commentaires d’extrapolation de sa part « Signal actif depuis 72h, quartier Est. Maintenant le Nord aussi… bientôt l’Ouest et le Sud. Qu’est-ce que le signal actif ? Les plantes ? ils ont activé un signal ? le signal des plantes ? des zombies ? c’est clair non ? ». Harriett regarde par-dessus l’épaule d’Adrian et reconnait l’écriture, celle de Jonas Cohen, dont elle possède le premier livre dédicacé « Les Rats du Conseil », qui parlait des détournements de fonds des années 1998 à 2007 à Aurora.
Les trois compagnons restent attentifs sur les éléments du dossier et le producteur, toujours dans l’ombre fait un geste de la main à l’attention d’Harrisson qui se rapproche du groupe « Ah oui, j’oubliais ». Il dépose sur la table une cassette vidéo, VHS, sur laquelle une note est collée « ne la regardez pas ». Harriett lève les sourcils, ne reconnaissant pas l’objet, trop jeune. Adrian se tend « Ne la regardez pas… c’est ce que m’a dit Sylvie Okafor ! Ne la regardez pas, je veux la regarder. » puis la saisit vivement pour la rapprocher de son visage, cherchant la fameuse bande rouge dont parlait la neurobiologiste. Il l’écarte de lui « Bande rouge. Qui a un magnétoscope ? », Harrisson lui indique que Jonas en a un, mais qu’au club il n’y en a pas. Maxwell en profite pour évoquer le Studio B et savoir si ça lui parle, et le jeune producteur n’a pas de réponse à apporter « vous avez été embauchés pour découvrir qui est APEX, leurs intentions ».
Adrian résume « Trouver qui est APEX, le contrôle, le complot, l’activation du signal… et les fleurs. ». Harrisson se raidit, le souvenir de ses mésaventures récentes remonte à sa mémoire et Harriett, elle aussi, hésite entre suivre la paranoïa de son compagnon et rester rationnelle. Malheureusement, le souvenir de Mitzi, son expérience au théâtre du Chaos, et la nouvelle évocation d’un contrôle mental la terrifie. Adrian complète « on doit remonter la piste de Jonas Cohen, il sait de quoi il s’agit, ce qu’est ce signal. Il doit avoir des informations ». Harrisson acquiesce, confirmant que dans son rôle de contact pour le SuperGreenClub, le journaliste du Daily News sera sans doute capable d’aider. Maxwell demande si le club a les moyens de pister le signal, et Harrisson les invite à se rendre au DNA pour voir avec Jonas s’il en est capable. Harriett propose à ses compagnons de prévenir Tyler avant qu’il ne file en direction de Jonas Cohen.
Adrian attrape immédiatement son téléphone et laisse un vocal interminable au chasseur de primes, entremêlé de reniflements de manque « Allo Tyler, on avait raison depuis le début, on a la cassette dont a parlé Sylvie Okafor. La bande Rouge. Il y a vraiment une bande rouge sur la putain de cassette. Les plantes, l’asphodèle tout est… en plus il y avait un message avec un signal. Il est actif depuis 72h c’est pour ça que les types sont fous et regardent les murs. Je le savais depuis le début et personne m’a cru, personne m’a cru et maintenant les preuves sont là. Elles sont là ! Le quartier Est est corrompu, le quartier nord est corrompu, et bientôt ce sera toute la ville. Il faut qu’tu viennes ! ». Quelques secondes après, Tyler répond « ok » par écrit.
Le producteur senior conclue la conversation et Harrisson invite le groupe à quitter les lieux pour démarrer leur enquête. En quittant les lieux, Harriett demande à son ami si il peut vérifier les informations sur Adrian pour savoir s’il est fou ou si l’on peut lui faire confiance. Harrisson lui confirme qu’il va se renseigner et la rassure sur le fait qu’elle est entre de bonnes mains malgré tout, alors que Maxwell, ses tampons de kleenex dans les narines les dépasse. Ils sortent tous les trois du Club au moment où Tyler gare son chopper devant l’entrée. Le chasseur de primes s’approche d’eux et, sans attendre, évoque le message un peu confus et erratique d’Adrian.
Après avoir croiser le regard d’un Adrian survolté et d’un Maxwell a l’allure discutable, il se tourne vers la jeune femme « Euh, Harriett, est-ce que je peux avoir un petit topo sur la situation ? ». Elle prend une grande inspiration pour répéter les dires d’Adrian plus calmement, sans pour autant être plus claire que son collègue qui l’observe avec fierté, puis elle lui tend la cassette pour qu’il en prenne connaissance. Tyler est circonspect et se résout à demander à Maxwell qui, finalement, est le plus sain des trois. L’assureur explique alors « on est embauché pour trouver la zone d’émission du signal avant qu’il ne soit trop tard et identifier APEX » « APEX ? c’est une agence. » « Oui, mais ils aimeraient en savoir plus » « A priori, le signal aurait une influence sur le comportement des gens ». Tyler acquiesce, reconnaissant les effets que Maxwell évoque, il se redresse « avez-vous l’information la plus importante : combien on va être payé ? », Adrian réagit « on est payé avec la vérité ! » ce qui agace Tyler qui leur demande d’attendre cinq minutes le temps d’aller régler cet aspect avec le SuperGreenClub.
Au sous-sol, Harrisson est en train de ranger le petit salon où la réunion s’était déroulée, lorsque Tyler débarque et lui confirme qu’il a bien reçu les informations au sujet du dossier mais qu’il a besoin de régler avec le club l’aspect financier. Le jeune producteur l’invite à envoyer un message sur le canal du club à ce sujet. Tyler refuse et demande une réponse immédiate, sans quoi il ne prendra pas la mission, il ne souhaite pas travailler à l’œil. Harrisson attrape son téléphone et organise un rendez-vous avec un de ses supérieurs pour régler le problème, au bureau 22.
Tyler quitte le petit salon et rejoint le bureau pour parler à l’un des producteurs seniors. Son interlocuteur lui demande de donner son prix et Tyler lui expose la situation « un dossier dangereux avec une menace biologique, j’estime qu’à 75k on est sur un tarif honnête », le producteur se renfrogne « je peux vous proposer 5K tout de suite et on verra pour la suite ». La réponse provoque un rire chez Tyler qui refuse le deal et remet sa Green Card avant de quitter les lieux.
Lorsqu’il émerge du club, Harriett s’approche de lui et lui demande s’il a eu la réponse qu’il souhaitait. Le chasseur de primes leur dit simplement que s’ils veulent risquer leur vie pour un salaire aléatoire c’est leur choix, et qu’il peut plutôt les embarquer sur la piste de détenus qui ne sont plus en règle pour un meilleur tarif. Maxwell essaie de le convaincre que ce qu’il propose est aussi dangereux, que pour le Club ils n’ont qu’à chercher des informations, et petit à petit clarifier le dossier et être payé à la hauteur des découvertes. Tyler n’en démord pas, il ne met pas sa vie en danger gratuitement, encore moins sur des « on verra » et préfère se désengager du dossier. Maxwell essaie encore, l’invitant au moins à commencer l’enquête avec eux et prendre le premier billet que le club propose, quitte à abandonner après. Tyler refuse, face à une menace potentiellement biologique, il ne souhaite pas prendre de risque pour rien, et 5K ne suffisent pas. Harriett intervient, lui demandant où est son honneur dans tout ça et Tyler rétorque que l’honneur n’est pas mieux que la curiosité pour remplir le moteur de son chopper. Harriett prend son courage à deux mains pour tenter de le convaincre une ultime fois, mais, son anxiété et sa respiration difficile lui font buter sur ses mots et elle ne parvient pas à faire mouche. Tyler repositionne son chapeau et lui dit qu’il trouve son souhait de risquer sa vie admirable, mais il ne partage pas cette ambition.
Alors qu’il grimpe sur son chopper, le groupe reçoit un message de la part du club les prévenant que Tyler a rendu sa carte.
Sur la piste d'APEX
Pressé par les producteurs, Adrian, Harriett et Maxwell prennent la route du Daily News Aurora pour retrouver Jonas Cohen et demander des informations complémentaires. Tyler, de son côté, s’installe dans son bar préféré pour passer en revue les primes disponibles et les missions accessibles qui s’offrent à lui.
Le Daily News est un bâtiment haut, assez ancien, avec un hall central vaste. C’est un lieu d’informations où de nombreuses interviews se déroulent, où les photographes et les aspirants journalistes circulent beaucoup. Dans la voiture, avant d’entrer dans le bâtiment, Harriett pousse pour que Maxwell prenne la parole, l’assureur présentant bien mieux qu’eux en société. Adrian se renfrogne mais accepte les arguments de la jeune fille. En entrant dans le Daily News, le regard de Maxwell balaie le hall et s’arrête sur un des visiteurs bloqué face à un mur, il l’ignore et s’approche de la secrétaire dont l’air austère rend l’échange immédiatement peu engageant. Il demande d’une voix douce à rencontrer Jonas Cohen et précise qu’il travaille pour le Comté d’Aurora et qu’il est certain que le journaliste acceptera de le recevoir. La secrétaire prend son téléphone et tente de joindre Jonas, mais, rapidement elle leur indique qu’il n’est pas présent alors qu’il aurait dû être dans son bureau à cette heure. Adrian se rapproche à son tour, porté par sa paranoïa et la presse en insistant sur le fait qu’il est probablement en danger. Maxwell tente d’apaiser la situation et s’excuse de l’approche oppressant de son compagnon, et demande si quelqu’un d’autre pourrait les recevoir. La secrétaire propose de les faire monter dans le bureau de Makenzie Willis ce que Maxwell accepte immédiatement.
Après avoir emprunté un couloir et pris l’ascenseur, ils accèdent au troisième étage, pôle journalistique. Une femme d’une trentaine d’années les accueille, brune aux cheveux longs, en tailleur, des dossiers sous le bras et l’air inquiet. Malgré une moue un peu agacée, elle s’adresse à Maxwell « vous voulez voir Jonas ? » « Oui absolument, nous sommes sur une enquête et nous avions des informations à croiser avec lui, il est probablement sur un sujet similaire sur Aurora. A priori il est absent, est-ce que vous auriez ses coordonnées ? Il est peut-être en danger », Makenzie s’inquiète « il est censé être là, c’est très étrange qu’il ne soit pas ici. Ça m’inquiète vraiment. ». Adrian renchérit, appuyant sur la notion de danger qui amplifie l’inquiétude de la jeune femme. Elle leur confie le numéro de son collègue et, l’appelant immédiatement, ils réalisent que le téléphone portable de Jonas est encore à son bureau. Ce qui n’aide pas à apaiser Adrian qui s’approche du bureau et cherchent du regard des indices sur ses derniers mouvements.
Harriett reçoit un appel de Harrisson qui demande s’ils ont des réponses et la jeune femme s’agace, lui rappelant qu’ils viennent juste de partir du club et que Jonas n’est pas au DNA, ce qui est inquiétant. Elle en profite pour savoir s’il a des informations sur Adrian, et Harrisson précise qu’il a trouvé quelques éléments sur son histoire personnelle, sur la disparition de sa femme et sa radiation des forces de l’ordre. Maxwell, toujours aux côtés de Makenzie, envoie un message à Tyler pour le prévenir que Jonas a disparu et qu’il aurait besoin que le chasseur de primes cherche dans les environs s’il trouve sa trace, dans un déni absolu de sa décision de quitter le groupe. Il range son téléphone et demande à regarder les articles du Daily News pour voir s’il est fait mention quelque part du signal dont Jonas Cohen avait connaissance. Harriett, par-dessus l’épaule d’Adrian, regarde l’ordinateur portable du journaliste.
Adrian fouille dans les papiers et ne trouve aucune mention de plante ou fleur, lui confirmant définitivement que l’affaire n’est pas connectée aux magouilles de Mitzi Rose dont Harriett avait fait mention. Il découvre en revanche que six autres personnes ont disparu avant Jonas dans les dernières semaines, inquiet il cherche si sa femme est mentionnée, mais aucun des noms ne lui est connu : Denis Alcott, Pat Moreau, Marcus Tule, Sonia Breck, Rei Costas et Claire Oseille. Harriett, de son côté, trouve un mail intitulé « Fondation » donnant rendez-vous à Jonas dans un lieu obscur pour mettre la main sur la fameuse cassette. Maxwell passe en revue le calendrier de Jonas, il note que le journaliste avait des rendez-vous régulier avec Royal Ruttledge, un coach de vie et de bien-être, et en cherchant plus loin, détermine que ces rendez-vous se tiennent depuis le début de sa collaboration avec le Super Green Club. Makenzie revient pour les informer que Jonas avait eu plusieurs rendez-vous avec les Archives d’Aurora et que c’est là bas qu’il se rendait quand il a disparu.
Tyler, installé au bar, scrute son téléphone les sites dédiés aux primes qui l’intéressent. Il y a principalement des affaires générées par des affaires privés déjà affectées, une seule affaire reste visible, celle du Docteur Mécano, un tueur en série qui remplacerait les parties des corps de ses victimes par des pièces mécaniques. Ce criminel est introuvable et, aux dernières nouvelles, sa dernière victime aurait été trouvée dans les environs du Musée Jones et Jones. La prime pour l’attraper et alléchante et Tyler réfléchit sérieusement à la prendre.
Le dernier rendez-vous aux archives de Jonas étant déjà passé, Adrian, Harriett et Maxwell réfléchissent à la direction à prendre. Adrian propose d’aller au domicile du journaliste pour fouiller ses affaires, et Maxwell décide d’appeler le coach de vie avant de prendre la route. Il joint le secrétariat de Ruttledge et demande à être mis en relation de la part de Jonas Cohen. La secrétaire, d’un flegme absolu, le transfère immédiatement et le coach répond, très joyeux, en pensant parler à son patient. La conversation devient rapidement lunaire, Maxwell prévient que le journaliste a disparu et cherche à savoir s’il avait des problèmes en particulier. Le Coach confirme qu’ils étaient censés se retrouver et qu’effectivement il n’a pas honoré son rendez-vous, il précise aussi que l’homme était stressé professionnellement, mais qu’il ne peut pas vraiment partager des informations personnelles de son patient. Maxwell insiste, disant qu’ils essaient de le retrouver, et que la moindre information sur ses sources de stress pourrait aider. Royal finit par juste évoquer qu’il y avait un point commun entre ses affaires, que chaque dossier risquait de générer des inquiétudes pour tout Aurora. Après avoir ménagé son effet d’annonce, Maxwell réalise qu’il n’obtiendra pas d’information sans le rémunérer et propose de réserver quelques rendez-vous avec le coach. Royal devient alors très loquace, il mentionne APEX, le fait que l’entreprise travaillerait sur l’ouverture des gens et la santé publique mais que malgré tout, liée à elle, il y aurait des disparitions. Il précise, étrangement, qu’il ne travaille pas pour APEX. La conversation se poursuit sans plus d’informations, et Royal tente par tous les moyens de finaliser le « pack » de rendez-vous qu’il pourrait vendre à Maxwell.
Harriett se tend un peu, réalisant que, dans l’échange entre l’assureur et le coach, de nombreuses informations sont en train de circuler et qu’elle n’a aucune idée de la fiabilité de Royal. Évitant d’interférer, elle se reconcentre sur l’ordinateur. Adrian et la jeune femme finissent par réaliser que tous les disparus étaient tous employés de la même entreprise : une chaine de télévision, KAUX9. Une chaine de télé locale d’Aurora, chacun tenait un rôle différent, Denis Alcott était technicien son, Pat Moreau était présentatrice météo, Marcus Tule était le fils du directeur, Sonia Breck était archiviste, Rei Costas était caméraman et Claire Oseille une spectatrice habituée. Ils réalisent aussi que KAUX9 n’existe plus depuis quelques années, les studios à l’Est d’Aurora ayant été ravagés par un incendie en 1987. Adrian et Harriett se regardent, tout à coup persuadés qu’ils doivent s’y rendre, raccrochant à la mention de « Studio B » de Sylvie Okafor, la possible présence de magnétoscopes et de cassettes.
Maxwell raccroche au nez de Royal, perdant l’intérêt en réalisant que le coach était plus intéressé par vendre ses sessions que lui apporter des réponses pouvant aider à retrouver Jonas. Adrian s’élance vers lui et lui rapporte tout ce qu’ils ont trouvé et que c’est à l’Est, dans les Studios de Kaux9, qu’ils doivent se rendre.
Les mots justes
Maxwell, réalisant que se rendre là-bas pourrait être risqué, tente une nouvelle fois d’appeler Tyler qui répond « on a trouvé la source du signal, on aurait peut-être besoin de gros bras pour y entrer, intéressé ? », Tyler soupire et répond « Tu as besoin de gros bras ? c’est où que tu veux rentrer ? » « On a trouvé la source du signal, on se rend là-bas, on pense y trouver le journaliste et six autres disparus » « la source du signal qui rend apathique ? » « Oui, ce serait un bon moyen de l’arrêter, de sauver la ville, et en plus on a mené l’enquête et on peut négocier avec l’employeur… tout se déroule comme prévu » « vous n’avez pas l’impression de vous engager dans quelque chose qui va mal finir ? » « Tu crois vraiment qu’on signal émis depuis une vieille chaine de TV peut affecter les gens ? ». Tyler laisse un temps avant de répondre que si ce n’est pas ça, qu’est ce qui rendait les gens étranges au Club. Maxwell entre dans une explication plus large sur les risques de la télévision en général et son pouvoir d’influence, tout est dangereux, et il fait remarquer que d’ailleurs le chasseur de primes ne porte pas de casques et que ça aussi c’est dangereux et qu’il peut lui envoyer les statistiques sur le sujet.
Tyler, après un instant, lui dit que son compte en banque est ouvert et de lui dire combien il a sur son compte épargne. Maxwell, s’assombrit et prend une voix plus faible « je suis à découvert… j’ai vraiment besoin de ce job, j’ai besoin de payer mes prochaines traites sinon la maison va être saisie. Cette maison compte pour moi, je l’ai acheté avec ma femme, j’ai perdu ma femme, je me retrouve seul à la payer, j’ai tous mes souvenirs d’elle là-bas… je veux pouvoir payer les traites. Je t’envoie l’adresse, tu fais comme tu veux, mais ce serait bien que tu sois là. », Maxwell raccroche sans attendre de réponse et prend le chemin de sa voiture, une magnifique Pontiac Aztek avec Harriett et Adrian qui s’impatientent.
Tyler reste silencieux à réfléchir aux mots de Maxwell. Il finit par murmurer un « fait chier » puis grimpe sur son chopper en direction de son compagnon. En lançant le moteur, il repense à toutes les raisons qui font qu’aujourd’hui il se tient à distance des ennuis et du danger, il repense aux habitudes tenaces de toujours finir par venir en aide à tout le monde, et aux choix faits de s’en éloigner en rejoignant Aurora comme chasseur de primes. Il repense aussi, loin dans son passé, aux nombreuses fois où il est venu en aide à un proche dans le besoin, que ce soit un ami d’enfance ancien toxico séjournant dans un hôpital coûteux, ou ce bar à rénover après une bagarre. Dans ce « fait chier » c’est tout ça qui s’exprime, et, en allumant le moteur c’est conscient qu’il fait librement le choix de venir en aide à cet assureur qu’il connait à peine mais qui, par un concours de circonstances qu’il ne saisit pas complètement, le remue dans ses certitudes.
Le signal à l'Est
Arrivés au complexe Aldric, siège des anciens studios Kaux9, Maxwell insiste pour qu’ils attendent quelques minutes l’arrivée de Tyler. Adrian et Harriette sont persuadés qu’il ne les rejoindra pas et le temps passant, les espoirs de Maxwell s’amenuisent. L’assureur ouvre son coffre pour récupérer son couteau suisse pendant que ses deux compagnons commencent à avancer vers le bâtiment désaffecté. Proches de la seconde façade, à l’arrière du complexe, Adrian repère le fourgon blanc non immatriculé, le même qui avait emmené Sylvie Okafor quelques heures plus tôt. Un bruit de moteur attire l’attention de Maxwell restait à la voiture et Tyler descend de son choper, la crosse de sa winchester dépassant de son épaule, le visage fermé. Après un échange de regards, les deux hommes prennent à leur tour le chemin emprunté par Adrian et Harriett. Cachés près de l’entrée avec la jeune femme, Adrian repère un homme en noir en sentinelle. Harriett se met en apnée à chacun des passages du garde, son stress s’amplifiant à chaque instant.
Tyler demande à Maxwell de lui résumer le plan, et l’assureur passe en revue ce qu’ils savent, les six disparus, l’histoire du lieu et l’intention d’y entrer pour couper le signal qui rend fou les gens et récupérer des informations pour le Super Green Club. Tyler voit au loin un homme en noir et s’arrête, attrape l’épaule de Maxwell en lui montre le garde « regarde, tu vois la petite roue qui se dessine au niveau de son torse à gauche ? moi je la vois, c’est un pistolet. Tu veux entrer là-dedans ? avec des gens armés ? » « Le bâtiment est immense, on va faire le tour et passer par un autre endroit. Harry nous a dit qu’elle connaissait l’urbex, elle va nous aider » « Mais… ce n’est pas du tourisme qu’on fait Maxwell » « Bah non ! on va prendre des notes, recueillir des preuves. On n’est pas obligé de se mettre en danger et de se mettre devant un homme armé », il indique au chasseur de primes une partie du bâtiment noirci par l’incendie.
Adrian et Harriett guettent des ouvertures potentielles suffisamment à l’écart du garde, ou de repérer une antenne accessible. Le seul moyen d’entrer discrètement serait par la partie désaffectée. Tyler et Maxwell les rejoignent dans leur cachette et commencent à se coordonner sur leur manière d’entrer. Adrian précise que le plan est de grimper sur le toit et de casser les antennes pour interrompre le signal. Tyler fait remarquer qu’il suffira aux membres d’Apex de réparer pour relancer toute la machine, et propose de se munir d’essence et de relancer l’incendie. Maxwell rappelle qu’il y a peut-être jusqu’à huit disparus dans le bâtiment et qu’il faut y être vigilant. Tyler demande des précisions sur APEX, mais personne n’est capable de réellement répondre et Harriett le confronte en lui demandant combien il les paierait pour plus d’information et Tyler s’agace, insistant sur le fait qu’il n’est là que pour éviter à Maxwell d’être blessé. Maxwell s’interpose, disant que même si Apex se présente comme une organisation fédérale rien n’est vérifiable, et qu’ils n’ont même pas assez d’information pour faire intervenir la police, mais, que s’ils entrent dans le bâtiment ils auront peut-être ce qu’il faut.
Pendant que Tyler et Maxwell poursuivent leurs échanges et que le chasseur de primes tente de faire réaliser à son compagnon que le risque est trop grand, Adrian et Harriett s’élancent sans attendre et entrent dans le bâtiment désaffecté. Maxwell, interrompant la conversation se dirige vers le garde pour attirer son attention et Tyler se raidit, désormais face au danger. Le garde s’approche « Excusez-moi, vous faites quoi ici ? », Maxwell s’avance un peu plus « je fais des statistiques pour le comté d’Aurora, sur les sinistres, ce qui a été le cas de ce bâtiment, on nous a signalé de nouvelles dégradations récentes. Vous travaillez ici ? vous faites partie de l’équipe de rénovation ? vous avez une pièce d’identité ? ».
Le garde vient au contact et montre sa carte APEX Santé publique « je ne connais pas cette organisation, vous… » « Et moi, je ne vous connais pas, filez maintenant ». Pendant l’interaction, Tyler se glisse dans le dos du garde et profite que son attention soit focalisée sur l’assureur pour abattre sa crosse à l’arrière de son crâne et l’assomme. L’homme tombe au sol, Tyler le traine dans un coin sombre et prévient Maxwell qu’ils n’auront que quinze minutes avant que sa disparition ne soit suspecte. L’assureur récupère la radio, le téléphone et l’arme, puis entraine son compagnon vers le passage emprunté par Harriett et Adrian.
De leur côté, l’ancien policier et la jeune étudiante continuent de progresser, dans le bâtiment ils passent devant plusieurs accès à des studios, des passages vétustes portant les marques de l’incendie, facilitant l’accès mais probablement fragiles. Adrian indique le pire chemin, persuadé que les passages difficiles sont toujours les bons, Harriett accepte de le suivre, et il passe devant elle, un instinct de protection présent. La jeune femme se tient la poitrine, son arythmie très présente, elle indique à son compagnon que sa montre l’invite à appeler une ambulance et qu’elle s’inquiète. Adrian lui tend des amphétamines qu’elle accepte sans trop réfléchir, étouffant le symptôme mais amplifiant son anxiété. Ils s’engagent sur le chemin incendié, se retrouvant à un étage intermédiaire entre deux passages, l’un donnant accès au toit, et le second donnant accès à des studios avec des plateaux de tournages anciens. Ils hésitent un instant avant de s’aventurer vers les studios, décidant d’éviter le toit pour le moment.
Tyler et Maxwell entrent à leur tour dans l’édifice. Leurs regards s’accrochent à un comprimé d’amphétamine au sol, et ils balaient l’espace, espérant trouver des marques indiquant la présence des disparus. A l’exception des traces laissées par Harriett et Adrian, ils ne trouvent rien. A peine quelques mètres plus loin, ils se retrouvent face à face avec un homme en noir. Tyler n’hésite pas et lui jette sa crosse au visage, qui manque sa cible. Maxwell tente de calmer la situation « messieurs ne nous énervons pas… nous venons pour… ». Sans attendre la fin de la phrase, le garde attrape le bras de Tyler qu’il tord, retourne la crosse et le frappe au visage. Tyler tombe, et l’homme avance vers Maxwell, laissant son arme tomber au sol, déterminé. Maxwell s’élance vers son ami et lui attrape le bras pour tenter de fuir. Le chasseur de primes ne se laisse pas faire et observe leur opposant dont la posture semble indiquer qu’il n’est pas dans un état normal. Il crache au sol et murmure « j’avais besoin de ça ». Il se relève, souplement, et saisit le garde, bloquant ses bras, et le plaque au sol, violemment, l’assommant. Maxwell tente de couper un câble avec son couteau-suisse pour l’attacher.
Au premier étage, les scènes de tournage de Kaux9 se révèlent à Harriett et Adrian. Au centre des plateaux, dans la régie, une personne est installée sur un fauteuil, le regard fixé sur les écrans, sans bouger. A l’écran, seule de la neige est visible, et quelques images subliminales apparaissent ponctuellement. Adrian s’approche et observe attentivement les images, Harriett lui rappelle qu’il ne faut surtout pas regarder, que Sylvie le leur avait dit. Survoltée par la prise de stupéfiant, elle accompagne malgré tout le mouvement d’Adrian et pousse l’homme obnubilé hors du fauteuil. L’homme tombe, sans réagir. Adrian s’installe et regarde :
Une salle vide, un fauteuil au centre, une lumière qui pulse au centre, de plus en plus vite, le fauteuil se remplit avec des yeux, une multitudes d’yeux, des larmes se déversent, un oiseau apparait, souriant, qui s’envole. Il s’installe au volant d’une voiture, atterri sur la lune, et la lune se décroche et entre en collision avec la terre, tout explose. L’ancien policier sent les amphétamines cesser de faire effet, et un immense calme l’envahit, il murmure « l’oiseau qui sourit, la fin du monde », il se détache de l’écran mais sent en lui l’envie impérieuse de regarder à nouveau.
VHS Tweet
Au rez-de-chaussée, Tyler passe des serflex, qu’il avait dans sa poche, aux poignets du garde, et, avec Maxwell, ils prennent la route du premier étage. A peine sur le palier, une voix s’élève « arrêtez-vous, vous n’avez rien à faire ici », Tyler le voit passer sa main sous sa veste, prêt à dégainer, et il s’élance du premier étage et s’écrase sur l’homme. Maxwell lui crie « tu veux la corde pour l’attacher ? » alors que le chasseur de primes serre sa gorge et le laisse tomber au sol, inconscient. Tyler tend le pistolet du garde vers Maxwell qui le prend en main et prévient qu’il ne sait pas l’utiliser.
Dans la régie, beaucoup de matériel traine, de nombreuses bobines dans des cartons, ainsi que des notes manuscrites. Adrian s’approche des notes, en recherche de preuves, Harriett propose de brûler les bobines avant de partir et son compagnon acquiesce, la même idée en tête. Dans les papiers il est fait mention d’expériences sur les spectateurs, dont Claire Oseille, spectatrice active des émissions. Des rapports de Elliott Vayne, le directeur artistique de Kaux9, datant de 1987 « Sujet 14, compliance totale après 55 minutes, sujet 14 demande à être réexposé ». Adrian s’adresse à Harriett « c’est de la drogue, c’est du contrôle mental, c’est quelque chose qui stimule la dopamine et la sérotonine. Ils exposent les gens à ça, ils en reveulent encore et encore, moi aussi j’ai envie de revoir la vidéo, je sais que c’est pas bien, mais j’en ai envie. Et par contre, où sont passés ces gens et où est le signal ? ». Du coin de l’œil, Harriett perçoit du mouvement dans le coin de la pièce, près des notes. Une femme, ligotée dans un coin. Adrian reconnait Sylvie et se précipite vers elle. Il l’observe, tente d’évaluer si elle est sous influence « Docteur Okafor ? », elle acquiesce et il lui retire son bâillon sans pour autant la détacher complètement. Elle plante ses yeux dans ceux d’Adrian « je vous connais vous… » « moi j’vous connais ! On s’est vu tout à l’heure, les hommes en noir vous ont mis dans un van, c’est eux qui vous ont attaché ? » « Oui… APEX… j’ai été engagée pour valider scientifiquement le signal. J’ai un trou de mémoire… je ne sais plus comment je me suis retrouvée avec eux, mais j’ai découvert qu’à long terme il y a un caractère irréversible » « vous avez regardez la vidéo ? » « Oui… j’ai arrêté aussi vite que j’ai pu » « vous savez comment arrêté le signal ? » « Oui. Sur le toit. ». Adrian la détache pendant qu’elle évoque le nom de code « Fondation ». Harriett s’approche et murmure à son compagnon « c’est le sujet du mail qu’on avait vu ».
Tyler laisse au sol sa nouvelle victime et remonte à l’étage rejoindre Maxwell. Au bout du couloir, ils entendent, provenant de la régie, les voix peu discrètes de Harriett et Adrian. Ils avancent dans la direction, le plus discrètement possible. En entrant dans la pièce, Adrian se tourne vers eux et explique la situation « l’émission c’est pour zombifier les gens, les contrôler mentalement. Ça les rend manipulables, ça provoque des trous de mémoire. Voici Sylvie Okafor, qu’on a vu tout à l’heure. », Maxwell s’adresse immédiatement à elle « Vous savez où sont retenus les autres ? il y aurait six autres personnes, des anciens du studio, et un journaliste qui a disparu dans l’après-midi » « oui. Ils sont sur le toit, ils sont là pour être témoins de l’expérience » « sur le toit ? » demande Harriette surprise. « Oui, ils sont là-bas, avec les autres » « il y a d’autres hommes d’APEX sur le toit ? » « Oui… ils sont très nombreux ». Tyler s’approche à son tour « c’est quoi APEX ? », Sylvie prend un instant « c’est un groupe qui m’a engagée pour étudier un signal qui est envoyé… il y a quelqu’un à qui appartient ses locaux qui a été contacté par APEX pour installer du matériel supplémentaire et étendre le signal » « vous savez ce que APEX veut dire ? » « Non, ils m’ont juste engagée pour voir l’effet du signal », Harriett intervient « moi je sais ce que ça veut dire… Apex c’est celui qui est au-dessus, en haut de la chaine alimentaire. ».
Des choix moraux
Un silence s’installe un instant avant qu’ils ne commencent tous à chercher un moyen d’interrompre définitivement le signal. Monter sur le toit est trop risqué, surtout en sachant que de nombreux gardes d’APEX s’y trouvent. Sylvie leur confirme qu’ils peuvent commencer par arrêter les machines, et elle précise que la personne à la base de tout ça se trouve sur le toit, avec tous les autres. Adrian s’y refuse, monter sur le toit est trop risqué pour un si petit groupe. Maxwell propose d’appeler la police, de prévenir du problème et de la localisation de plusieurs personnes disparus pendant qu’ils modifient le signal, et Harriett renchérit en rappelant que leur seule mission était de trouver des informations. Sylvie assure qu’ils peuvent paramétrer le signal depuis la régie, puis faire diversion pour attirer les gens d’APEX et libérer les prisonniers. Maxwell propose de prendre possession du système de sécurité pour enfermer les gardes et, ainsi, leur donner un court répit.
Ils prennent un instant pour se coordonner, beaucoup d’options se présentent chacune porteuse d’un niveau de danger différent. Adrian est partisan de sauver les otages, Tyler d’interrompre le signal depuis sa source, Harriett rappelle qu’il n’est pas indispensable d’attirer les gardes dans la régie pour répondre à la demande du Club. Maxwell finit par résumer « On appelle les flics pendant qu’on fait la diversion, les gardes vont descendre quand on aura coupé le signal, ils vont venir ici, on profite du bazar pour monter sur le toit récupérer les otages et filer », Harriett et Adrian acquiescent immédiatement. Tyler reprécise « les trois gardes qu’on a séché avaient des oreillettes, ça ne va pas mettre longtemps avant que le reste le réalise. Je pense qu’on peut déjà sauver la scientifique, gérer le signal et filer en appelant les flics… si on se retrouver face à tout le reste des gardes, on a eu de la chance avec les trois premiers, on en aura peut-être moins s’ils descendent tous ». Ils acceptent de fuir sans les otages, à contre-cœur, et se mettent immédiatement en mouvement, détruisant tout ce qu’ils peuvent dans la régie.
Maxwell attrape Sylvie et le monsieur hagard encore au sol, et les entraine à sa suite vers l’extérieur. Adrian barricade la porte, son attention toujours attiré par l’écran. Tyler se tient près de la console, Harriett à ses côtés, il lui demande si elle serait capable de récupérer les infos avant qu’il ne l’éclate avec une chaise. L’accès au toit barricadé, la console endommagée, les informations récupérées, ils sont prêts à fuir. Adrian attrape son téléphone et passe un appel anonyme au precinct « il y a une prise d’otage aux anciens studios de Kaux9 » et raccroche immédiatement pour que son identité ne soit pas traçable, il donne un dernier coup sur la barricade pour la fixer. Le regard d’Harriett attrape à travers la porte vitrée la silhouette d’un homme en noir, bien plus imposant que les autres, une mâchoire carrée, une cravate impeccable. Dans le silence absolu, son bras immense traverse la vitre et éclate les barricades. Adrian bondit et s’éloigne rapidement, évitant d’être saisi. Tyler sent une main agripper son épaule alors qu’il s’apprête à suivre Adrian. Maxwell accroche son regard et le chasseur de primes réalise qu’il avait raison « revenir était une mauvaise idée ». Devant lui, Harriett trébuche et tombe, et l’angoisse monte.
Tyler agrippe sa Winchester et la pointe à bout portant sur l’immense garde, le coup part mais est dévié par un mouvement vif de l’adversaire, l’arme tombe au sol. Adrian fait demi-tour et attrape la Harriett au sol. Maxwell pousse Sylvie vers la sortie. Harriett se retourne et pousse le garde et le déséquilibre ponctuellement, libérant Tyler un instant. Tous les deux s’élancent à toute allure à la suite de Adrian dans les étages. Maxwell, près de la dernière victime de Smooth, attrape le talkie et hurle de toutes ses forces pour vriller les tympans du reste des membres d’APEX, espérant leur donner un instant de plus. Adrian, qui arrive au niveau de Maxwell, attrape une des armes et se prépare à couvrir leurs arrières dans les derniers mètres de leur fuite. Un homme en noir apparait au rez-de-chaussée, alerté par le bruit et le mouvement, et l’ancien flic tire par réflexe, manquant sa cible. Le garde arrive au contact et attrape le poignet d’Adrian le forçant à lâcher son arme. Maxwell lâche le talkie, réalisant que ça n’a pas d’impact sur les gardes, et fonce vers Adrian, percutant l’adversaire et tombant à la renverse à ses pieds. Adrian attrape le sachet d’amphétamines dans sa poche et l’écrase sur le visage du garde, la poudre se disperse et se répand sur Maxwell qui l’inhale.
Du haut des escaliers, Tyler et Harriett émergent, l’immense garde sur leurs talons. La jeune femme s’élance dans les escaliers vers l’adversaire d’Adrian et Tyler se fige, décidant de faire face à leur poursuivant. Il tire. La balle traverse le crâne du garde, entre ses deux yeux. En bas, il peut voir Harriett percuter l’adversaire de Adrian qui se libère et aide Maxwell à se relever. Derrière le chasseur de primes, un bruissement attire son attention et il se tourne juste à temps pour voir sa victime se relever doucement. Il s’élance à son tour dans l’escalier en criant à ses compagnons de fuir.
Devant Kaux9 la police commence à arriver, les sirènes sont audibles, et le groupe décide de filer discrètement pendant que Sylvie s’approche des officiers. Adrian ayant les poches pleine de stupéfiants, Maxwell couvert de poudre et Harriett encore sous influence. Ensemble, ils repartent en direction du centre-ville. Adrian sent poindre un nouveau manque en lui, lié à la cassette. Maxwell peine à redescendre des amphétamines et à très envie de faire du vélo, Harriett est affamée. Ils prennent la direction de la rue Cynthia pour commander des pizzas et se remettre de leurs émotions. Tyler reste avec eux, digérant encore la décision de les rejoindre et l’importance de sa présence dans la survie du groupe. A table, Harriett pose le petit disque qui lui a servi à récupérer les données de Kaux9 et APEX et propose de ne les remettre aux producteurs du Super Green qu’en échange de la réintégration de Tyler. Le chasseur de primes la remercie, mais refuse, cette mission il l’a faite pour eux, pour les voir en vie, pas pour le club. Harriett acquiesce mais, d’un commun accord, ils décident de quand même négocier la réintégration de Tyler pour pouvoir récupérer sa prime.
Adrian se gratte la tête, pensif, persuadé que cette mission confirme ses craintes concernant sa femme, concernant les magouilles d’Aurora, et qu’enfin il tient un début de piste. Harriett sourit, ravie d’avoir terminée une nouvelle mission pour le club, pendant que Maxwell se ressert et que Tyler consulte le dossier du Docteur Mécano. A la Télé de la pizzeria, quelqu’un monte le son des informations, et un reporter couvre les évènements du Complexe Aldric. Le sauvetage de plusieurs personnes est décrit, chacune protégée par les policiers, des couvertures de survie sur les épaules. Aucune trace d’hommes en noir qui semblent s’être volatilisés. leurs regards sont happés par la scène, où, sur le bras de chacun des otages, un tatouage se révèle aux yeux attentifs. Un F entouré de volutes.
Ils murmurent tous les quatre « Fondation » avant de reprendre une part de pizza.
