«  Je vous l’avais dit ! J’avais raison !  »

– RENATA –

Fiche du Dossier Écho

Pitch

Renata Stewart vit une vie tranquille de comédienne de doublage dans le quartier Ouest d’Aurora. Passionnée d’enquête True Crime sur son temps libre, une mission professionnelle d’apparence anodine l’embarque dans une aventure où les fictions sombres qu’elle affectionne rattrapent la réalité confortable dans laquelle elle s’était installée.

personnages-joueurs

  • Renata Stewart, interprétée par Shahraz. Comédienne de doublage

vidéos

La suite de l’article est une retranscription complète de l’épisode, si vous ne souhaitez pas vous divulgâcher la découverte, ne lisez pas plus loin. L’épisode est accessible sur YouTube.

personnages-non-joueurs

  • Stéfano, colocataire de Renata, travailleur de chantier
  • Coco et Olivia, colocataires de Renata, restauratrices d’art
  • Maximus, agent de talent en charge de la carrière de comédienne de Renata depuis 5 ans
  • Damon Ellis, mécanicien au Garage Juarez
  • Harry MacMillan, inspecteur de police
  • Harvey Brench, politicien retrouvé noyé à son domicile
  • Archibald Stewart, conservateur du musée Jones & Jones

lieux, organisations et centres d'intérêt

  • Le Lounge Bar
  • Garage Juarez
  • Musée Jones & Jones
  • Precinct Central Ouest
épisode 1

La vie tranquille de Renata Stewart

L’épisode commence dans le quartier Ouest d’Aurora, ville pleine de mystères, engoncée dans les vallées. Renata vit en collocation, au deuxième étage d’un immeuble, avec trois personnes, amis de longue date : un grand barraqué portant le nom de Stéfano, peu causant, parfois vulgaire qui travaille dans les chantiers. Ainsi que Coco et Olivia, un couple travaillant dans la restauration d’art. Renata vit avec eux par nécessité, seul moyen de jouir d’une liberté toute relative, loin de la demeure familale.

Renata est comédienne, et sort d’une succession de projets cinématographiques qui l’ont chacun profondément marqués et lui ont enseigné nombre de ses compétences actuelles.

  • Ça va BarderZ, réalisé par Senkeetsu : « dans une maison lumineuse au cœur de la forêt, une menace masquée rode ». Renata y joue le rôle principal, ce fut un honneur pour elle d’y travailler, malgré un tournage lui imposant d’évoluer pendant plus de quarante-huit heures dans la boue. Le film est une pépite du genre dont elle garde de merveilleux souvenirs.
  • Peaky BlinderZ, réalisé par Mianko : « un groupe de mafieux travaillant dans la menuiserie et le mobilier de maison ». C’est un film nouvelle vague. Un projet plutôt bien payé, au cours duquel elle lia d’amitié avec la scénariste.
  • Les Aventures de Tina et Mila, réalisé par Mianko, une série d’animation, fut sa première expérience de Voice Acting, et lui offrit un coaching conséquent dans la maitrise de sa voix.
  • Ninjette au pays des Léopards, réalisé par Lady Koalart, une série d’animation. Forte de son expérience en doublage, c’est rapidement qu’elle est repérée et invitée à prendre le rôle principal de la douce série racontant le lien d’affection grandissant entre une petite fille et son Léopard de compagnie.
  • WeaselZ, réalisé par Alex Barnson, un film d’horreur ayant provoqué des réactions viscérales auprès des spectateurs, fut son dernier rôle au cinéma en tant qu’actrice. Immédiatement sur la même longueur d’onde que le réalisateur, elle en garde énormément de souvenirs marquants et un nouvel élan dans sa passion pour le True Crime.

Renata rentre tardivement d’une interview rétrospective de sa carrière à l’appartement. C’est le milieu de la journée, et, même si le travail ne s’arrête jamais vraiment, elle s’installe dans le canapé espérant trouver un peu de repos. La voix de Stéfano l’interpelle à peine arrivée, lui criant de penser à payer sa part du loyer, il lui rappelle que cela fait déjà deux mois qu’ils la couvrent. Le téléphone de la comédienne sonne, lui offrant une porte de sortie à une conversation promettant d’être désagréable.

Au bout du fil, sa mère vient aux nouvelles. Elle lui annonce être sur le point de démarrer la production d’un film avec son père, mettant en scène des romains et des cow-boys. Elle lui donne des nouvelles de son petit frère. Renata, entendant Stéfano s’agacer non loin, négocie avec sa mère un soutien financier pour le loyer. Elle joue la corde sensible, prétextant que sans paiement, son doux visage risquerait d’être défiguré en conséquence et, si elle venait à travailler sur un des films des Stewart, cela ferait mauvais genre. Sa mère accepte de lui faire un virement pour plus de deux mois de loyer, après avoir vérifié le niveau de galère dans laquelle sa fille se trouve. Elles évoquent les prochains projets de Renata, puis raccrochent avec quelques mots de tendresse.

La jeune femme a effectivement une nouvelle mission, prévue par son agent dans un Studio d’enregistrement. Son agent la presse par message, lui rappelant que les contrats sont difficiles à obtenir en ce moment. Renata, entendant Coco et Olivia dans le salon avec Stéfano, elle les rejoint pour leur confirmer que cette histoire de loyer est réglée, qu’ils auront l’argent rapidement. Elle prend ses affaires et file en taxi vers le Studio.

Un job au Studio Fisher

Dans la voiture, le téléphone sonne. Le nom de son agent sur l’écran lui provoque une petite montée de panique. Maximus lui indique qu’elle est en retard et elle répond qu’elle est coincée dans les bouchons, l’homme s’agace, lui précisant qu’il vient d’avoir Stéfano au téléphone et qu’il sait qu’elle vient de partir. Renata s’offusque et tente de ruser en l’amadouant, rappelant que le jour où sa biographie sortira, il sera le premier interviewé. Maximus soupire, et l’invite à se presser malgré tout.

Quelques minutes plus tard, elle arrive au Studio, pile en retard. Elle défroisse ses vêtements en sortant du véhicule et s’approche de son agent qui attend devant avec un parapluie. Il l’emmène avec lui dans les locaux de monsieur Fisher. Elle entre dans la cabine, prête à réaliser le doublage d’un dessin animé. Elle y joue un chien policier qui enquête sur l’assassinat d’un chat nommé Harvey. Renata se prépare, relit les textes, et, passionnée de True Crimes, elle se sent pleinement dans son élément. La captation commence et tout ne se passe pas bien, elle est mal échauffée, pas au niveau attendu. La cabine n’étant louée que pour une heure, Maximus est obligé d’étendre la réservation pour que le résultat soit convainquant.

Malgré le temps complémentaire, rien n’y fait, sa prestation est catastrophique. Elle se sent oppressée, et commence à se recoiffer nerveusement. Monsieur Fisher s’impatiente, gérant les clients suivants mécontents de ne pas pouvoir accéder à la cabine. Après de nombreuses négociations de Maximus, ils parviennent à conserver l’espace jusqu’aux premières heures de la nuit. Elle parvient finalement à rendre un enregistrement d’une qualité suffisante et file jusqu’à chez elle, épuisée.

Dans l’appartement, Stéfano ronfle bruyamment. Coco et Olivia rient aux éclats dans le salon. Renata évite toute sociabilisation et s’enferme dans sa chambre. L’anxiété d’une journée de travail éprouvante toujours présente, elle fait des exercices de respiration pour s’apaiser. Le sommeil peine à venir, son esprit préoccupé par une enquête True Crimes qui la passionne. Depuis quelques temps, elle s’intéresse aux méfaits du Docteur Mécano, un tueur en série d’Aurora qui remplace les organes de ses victimes par des éléments mécaniques. La proximité des meurtres dans son quartier l’angoisse autant qu’elle l’intrigue. Son enquête, jusqu’alors, lui a permis de déterminer que le tueur est un homme et qu’il est passionné d’automobile. Au petit matin, elle prévoit de se rendre au bar le Lounge, à quelques rues de chez elle, espérant glaner de nouveaux indices sur l’affaire et explorer les papiers qu’elle a pu réunir référençant les numéros de séries des pièces mécaniques retrouvées sur les victimes. A ce stade, quelques garages de l’ouest d’Aurora retiennent son attention, les autres étant trop loin des scènes de crime.

Chargement de la carte...

Au petit matin, après avoir récupéré suffisamment, Renata se lève de bonne humeur et pleine d’enthousiasme pour sa mission du jour. Elle prend la direction du Lounge, ses papiers sous le bras. Le Lounge est un endroit coquet, calme. Installée au bar, elle commande un café et un petit déjeuner, disposant les rapports devant elle. Concentrée sur son affaire, elle est interrompue par une voix douce.

Un homme, un peu à contre-jour, une coupe de surfeur, blond délavé, la chemise froissée, décontracté, des papiers sous le bras, lui demande si la place à ses côtés est libre. Renata acquiesce et l’observe s’installer. Il se présente, il se nomme Damon Ellis, et elle répond du tac au tac, qu’elle se nomme Mademoiselle Smith. Le nouveau venu lui jette des œillades avant de lui dire qu’il a l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. Il claque des doigts en réalisant « Ça va BarderZ ! je vous ai vu dans ça va BarderZ ! ». Renata sourit et l’observe, il a un devis sous le bras, et les mains abimées par un travail manuel apparemment. Intriguée, la jeune femme regarde plus attentivement ses papiers qui se révèle être un devis de garage automobile. Saisissant l’opportunité, voyant là une occasion d’avancer dans son enquête, elle joue l’ingénue et lui demande ce que les détails du document signifient. Son stratagème fonctionne, ce qui a plutôt tendance à mettre l’homme mal à l’aise. Damon lui précise qu’au-delà de l’avoir vu au cinéma, il a l’impression de l’avoir déjà croisée dans le quartier. Gentil, il écourte la conversation en lui disant que si elle est bien résidente du coin, il travaille au Garage Juarez et serait ravi de l’aider si un jour elle avait un problème de voiture.

Renata, tourné vers Damon, aperçoit du coin de l’œil, avancer dans leur direction, un deuxième homme dans un long impair « Vous êtes Renata Stewart ? » « ça dépend pour qui… », devant sa réponse, il sort sa plaque de flic. Devant la situation qui se tend, Damon récupère ses affaires et, saluant Renata, quitte les lieux. Le policier se place près de la comédienne « Vous me suivez calmement où va-t-il falloir que je vous passe les menottes ? ». Renata se redresse, confuse et demande à voir la plaque pour vérifier si elle est vraie, dessus est noté le nom de l’inspecteur Harry MacMillan. Elle accepte finalement de le suivre à l’extérieur en attrapant subrepticement une serviette que Damon a touché et un chauffe-plat. Dehors, la pluie s’est intensifiée, et, en voiture, ils se rendent au commissariat.

Quand la réalité rattrape la fiction

Au poste, l’adrénaline de Renata est palpable bien que maitrisée. Il l’entraine à sa suite et s’installe avec elle dans un box. L’inspecteur demande à savoir ce qu’elle a fait la journée de la veille puis lui montre les informations. Un meurtre horrible s’est déroulé à Aurora à peine quelques heures plus tôt, un politicien du nom de Harvey Brench. Cet homme a été retrouvé mort dans les mêmes circonstances et de la même façon que le chat Harvey, personnage du dessin animé pour lequel elle a réalisé une captation au Studio Fisher. MacMillan lui précise que c’est le Gérant du Studio qui les a prévenus que les textes qu’elle a doublés racontent précisément les détails d’un crime qui n’avait pas encore été rendu public.

Renata s’agace, ne comprenant pourquoi elle est en garde-à-vue. MacMillan lui précise qu’elle fait désormais partie des suspects dans cette affaire, tout comme son agent. Renata affirme fortement qu’elle ne sait rien, qu’en plus les textes n’étaient pas très bons et qu’elle a justement passé la soirée à s’appliquer à les doubler. Sentant que la situation lui échappe et que l’inspecteur ne va pas dans son sens, elle fond en larmes – invoquant toutes ses compétences de comédienne. L’agressivité de l’homme se calme laissant place à une profonde culpabilité, il s’approche un peu plus d’elle et s’excuse de sa virulence. Il avoue ne pas réellement avoir de quoi la retenir au poste, mais que la coïncidence et le témoignage de Fisher les a inquiétés. Il estime qu’elle est probablement en contact avec quelqu’un qui aurait des informations, et lui tend sa carte « ne quittez pas la ville et appelez-moi si quoi que ce soit d’étrange se présente ». Il se relève, et lui tend la prise de notes de sa déposition à signer avant de la libérer du box.

De retour à la collocation, Renata ferme la porte à triple tour. Une notification sur son téléphone attire son attention, un message de Maximus qui lui fait part d’une nouvelle mission qui paye très bien. Lisant les détails, il s’agit de la suite des aventures du chien enquêteur. La comédienne n’attend pas une seconde avant de tenter de contacter MacMillan pour le prévenir. La ligne est occupée, elle décide d’envoyer un vocal paniqué sur sa ligne directe « monsieur le détective, je viens de recevoir un message de mon agent qui veut que je continue l’histoire du chien qui a fait du mal du chien, avec plein de sang, pour lequel j’ai été condamnée… non pas condamnée… mais pour lequel vous m’avez interpelée. Donc… » , la limite d’espace interrompt son message et elle rappelle, toujours sans réponse. Elle insiste dix-sept fois avant d’abandonner sur un dernier message vocal « Maximums me propose un nouvel enregistrement d’un nouveau scénario attaché à celui que j’ai commencé hier et pour lequel vous m’avez arrêtée. Au secours. ». Elle raccroche et tente de contacter la ligne principale du commissariat, et parvient à joindre un standardiste à qui elle demande à être transféré vers l’inspecteur. Le standardiste s’inquiète de son ton et lui demande ce qu’il se passe et si elle est en sécurité. Renata lui confirme qu’elle va bien pour le moment et lui explique dans les grandes lignes de quelle affaire elle souhaite parler avec l’inspecteur.

MacMillan la rappelle et elle raccroche au nez du standardiste. Il est inquiet et pense qu’elle est en danger – ou sous influence. Elle le rassure et il lui propose de venir la rejoindre, ce qu’elle refuse, lui disant juste qu’elle voulait le tenir au courant. MacMillan l’invite à lui faire suivre le document que Maximums lui a envoyé pour l’intégrer à l’enquête.

Renata raccroche, puis prend connaissance des textes que son agent lui à envoyés. Ce nouveau texte met en scène l’enquête du chien sur l’assassinat d’un nouveau chat nommé Archibald. Le sang de la comédienne ne fait qu’un tour, Archibald est aussi le prénom de son oncle, conservateur de musée, vivant à Aurora. Elle remet ses chaussures en vitesse et récupère son sac de True Crime contant un stylo-tournevis-lampe-torche, une carte crédit-cutter-ouvre-bouteille et quelques matériels d’enquête, avant de filer en catastrophe au Musée pour protéger son oncle.

Une nuit au musée

Sur le chemin du Musée, Renata envoie des messages à tout le monde. A Olivia et Coco, elle précise que la vie de son oncle est en danger et qu’elle est tombée sur des informations qu’elle n’aurait – sans doute – jamais dû avoir. A Stéfano, elle propose d’enterrer la hache de guerre et de se retrouver au Musée Jones & Jones. Enfin, à MacMillan, elle précise sa destination et son inquiétude.

Le Musée Jones & Jones est un établissement de deux étages qui prend presque un pâté de maison complet, le toit est aménagé en troisième étage. Devant le bâtiment, qu’elle connait bien pour y avoir passé beaucoup de temps dans son enfance, les souvenirs la saisissent. Les couloirs du Musée ont contribué à sa passion pour les histoires étranges et un peu morbides, à l’ensemble de sa culture en histoire naturelle et sa connaissance sur les récits de guerre. Les portes sont fermées, il est tard, et elle sait que son oncle vit dans les appartements construits troisième étage du Musée. Concentrée, mouillée par la pluie qui n’a pas cessé à l’extérieur, elle s’évite de passer par l’escalier extérieur et utilise son « pass privilège » pour passer par l’intérieur de l’établissement. Un frisson lui parcourt la nuque, elle se sent observée, ce qui n’aide pas à apaiser son stress.

Dans le bâtiment, après avoir poussé une porte sans bruit, elle suit le long couloir qui mène à l’ascenseur et à l’escalier de service. Ses sens en alerte, Renata avance. Avec son stylo-lampe-torche dans une main et sa carte de crédit-cutter dans l’autre. Lâchant, un peu plus bruyamment que souhaité, son vélo au sol, elle hésite un instant et appelle l’ascenseur. A l’étage, en état d’alerte, elle entre dans le hall qui donne sur l’appartement. Elle cherche le double des clés, vestige d’une époque où elle vivait près de son oncle, et s’approche de la porte, entrouverte.

Une toux et un appel à l’aide à peine audible lui parviennent depuis l’embrasure. Certaine qu’il s’agit d’Archibald, elle s’élance dans les lieux, prudente. Stressée, elle ne fait pas attention où elle met les pieds et glisse sur un liquide. Les mains dedans, avec le peu de lumière qu’elle possède, elle réalise immédiatement qu’il s’agit de sang. Près d’elle, à, à peine, un mètre, Archibald est étendu au sol, appelant à l’aide d’une voix faible. Terrorisée, elle appelle MacMillan qui répond immédiatement « Mon oncle ! Vous avez reçu mon message ? je suis au musée, il est arrivé quelque chose à mon oncle, y a du sang de partout, j’ai glissé dans son sang… la porte était ouverte. Y a du SANG PARTOUT », MacMillan la somme de se mettre tout de suite à l’abri, qu’il arrive dès que possible. Un bruit provenant de l’entrée la fait sursauter, et elle lui chuchote vivement « Faites vite, y a quelqu’un à l’entrée ! » avant de raccrocher.

Elle se traine jusqu’à son oncle pour prendre ses constantes. Son pouls et faible, et il la regarde les yeux remplis de tristesse, tentant de toutes ses forces d’esquisser un sourire à son attention. Il lève sa main qu’il passe sur sa joue avant de murmurer « je ne t’en veux pas… ce n’est pas grave… ce n’est pas ta faute… ». Renata se fige, confuse, ne comprenant pas ce que la situation à à voir avec elle. Les bruits venant de l’entrée s’intensifient, attirant son attention à nouveau. Elle embrasse le front d’Archibald, éteint son tournevis-lampe et cherche dans la pièce une cachette pour se mettre à l’abris.

En évitant de chuter à nouveau dans une flaque de sang, elle se glisse dans un placard et tente de calmer sa respiration. Une silhouette entre dans la pièce, se découpant sur la lumière extérieure, une clé à molette dans une main. Renata s’inquiète qu’il puisse s’agir de Damon qu’elle soupçonne d’être le Docteur Mécano, elle attrape un objet qui traine dans la cachette et le lance le plus loin possible de sa position, le plus discrètement possible. La silhouette s’éloigne, attirée par le bruit, vers la cuisine, et depuis cette nouvelle pièce sa voix s’élève un peu pressante et anxieuse « Renata ? Renata ? Bon sang qu’est ce qui se passe ? C’est quoi ce bordel ? ». C’est Stéfano. La comédienne, terrifiée, n’omettant pas la possibilité qu’il puisse être l’assassin d’Archibald, attrape de quoi se défendre et sort de sa cachette. « Stéfano… c’est toi ? mon oncle a été assassiné… » elle court dans sa direction et se jette dans ses bras, en profitant pour palper et vérifier si une arme – autre que la clé à molette – est cachée dans ses affaires. Réalisant que l’homme est sous le choc face au tableau qui se dessine devant lui et qu’il connaissait très bien Archibald, elle réalise qu’il y a peu de chance qu’il ne soit responsable de cette agression et se détend contre lui. Un semblant de sécurité retrouvée.

A voix basse, Stéfano s’inquiète, et Renata tente de lui expliquer ce qu’elle comprend « Je suis choquée… je ne sais pas… y a un assassin qui cible les personnes proches de moi, ça tourne autour de moi et je ne comprends pas… je suis perdue, je me sens pas bien. La police arrive, ils sont en route. » Stéfano s’éloigne de son amie et s’approche d’Archibald au sol, il tente, de son expérience des accidents de chantiers, de donner les premiers soins à l’homme aux portes de la mort. Il lui intime de s’approcher, et d’éclairer les blessures de son tournevis-lampe. Sous la lumière, les blessures semblent avoir été provoquées par une large lame, tranchante. Ensemble, ils tentent de juguler l’hémorragie du mieux qu’ils peuvent.

Au loin les sirènes se font entendre et quelques instants après MacMillan et ses officiers entrent dans les lieux. Renata et Stéfano sont écartés de la scène, des balises sont posées, et le conservateur est emmené en urgence à l’hôpital, son pronostic vital engagé. Paniquée, Renata se rapproche de MacMillan et se jette dans ses bras en pleurant. L’inspecteur, inquiet pour sa sécurité, la prévient qu’il va poster une équipe devant chez elle et la questionne sur ce qu’elle sait de Maximus ou si elle aurait connaissance d’ennemis d’Archibald. Renata est confuse, perdue, incapable de savoir d’où vient la menace. Pressante, elle demande s’il lui laissera participer l’enquête ou la tiendra au courant, se sentant au centre de cette affaire. MacMillan lui assure que la police va faire tout ce qu’elle peut pour la protéger et que leur première destination sera l’appartement de Maximus, son agent ayant accès à des textes annonçant de véritables meurtres.

Renata demande si elle peut venir avec eux chez son agent et MacMillan tente de l’en dissuader, insistant pour qu’elle se repose et promettant de lui dire tout ce qu’ils apprendront dès le lendemain matin. Renata acquiesce, sentant qu’elle ne parviendra pas à le convaincre. Une patrouille les rejoint pour les escorter jusqu’à leur appartement et se positionner en surveillance.

Reprendre le contrôle

À l’appartement, Renata se repose un instant, une verveine à la main qu’elle partage avec un Stéfano choqué par les évènements. Prétextant une profonde fatigue, et exprimant son affectation aux trois colocataires qui partagent sa vie, elle se réfugie dans sa chambre et attend à peine quelques minutes avant de filer sous la douche faire disparaitre les traces de sang qui tâchent sa peau. Elle se sèche puis s’équipe d’une tenue sombre et se faufile par l’escalier de service. Bien décidée à ne pas rester immobile pendant que la police se renseigne sur Maximus.

Au cœur de la nuit, elle appelle un taxi et prend la route pour l’adresse de son agent. Devant le logement, une voiture de police est stationnée, une lumière diffuse du salon au rez-de-chaussée. Tentant de s’approchant discrètement, elle prend appui sur une poubelle qu’elle renverse dans un fracas. Une torche la braque et la voix de MacMillan résonne lorsqu’il réalise l’identité de l’intruse « MAIS QU’EST-CE QUE VOUS FOUTEZ LA… vous êtes en danger ! Vous êtes actrice voix ! Vous êtes pas enquêtrice ! Je pense que pour votre bien j’vais vous arrêter et vous mettre en taule ! C’est pour vous hein ! », Renata se redresse et l’interrompt « Qu’est-ce qu’il a dit ?! Il est coupable ou pas ? ». MacMillan la foudroie du regard « cette nuit, vous allez la passer en cellule. ».

A peine vingt minutes plus tard, la porte d’une cellule se ferme derrière elle. Elle crie une nouvelle fois « je vous l’avais dit ! J’avais raison ! », et un autre prisonnier appelle à l’aide et demande à être changé de cellule pour ne plus l’entendre. Saisissant l’opportunité de saouler l’ensemble des officiers au poste et d’être libérée, elle se lance dans une tirade incontrôlable. Son stratagème fonctionne, et l’agent en charge des cellules lui fait signer une décharge signifiant qu’elle est consciente que sortir sans surveillance pourrait la mettre en danger et qu’elle en accepte les conséquences. Renata signe et est escortée jusqu’à son appartement où la patrouille est toujours postée.

Remontant jusqu’à l’appartement, elle est accueillie par Stéfano, Olivia et Coco qui l’attendaient, préoccupés. Stéfano l’informe que pendant son absence, l’hôpital a appelé pour les prévenir du décès d’Archibald, après qu’ils ont tenté d’appeler sa nièce à son chevet pour ses derniers instants. Renata se replie dans sa chambre, seule. Un peu secouée par la nouvelle, une colère grondante qui commence à l’envahir. Elle se sent frustrée, confuse, elle ne comprend pas pourquoi elle est prise pour cible et ne comprend pas non plus pour MacMillan ne lui apporte aucune réponse et tente de la laisser de côté. Étant au centre de l’affaire malgré elle, quelque chose lui échappe sans doute et cette réalisation la rend folle.

Au milieu de la matinée, après un court repos, la sonnette de l’entrée la réveille. Assise dans son lit, sa paranoïa s’active immédiatement. Elle s’approche de la porte, regarde à travers le judas et aperçoit un postier qui est présent avec un colis. Il lui indique qu’il doit lui faire signer un papier pour lui remettre un colis. Temporisant un instant, elle va récupérer un club de golf et entrouvre la porte, signant de la mauvaise main le document et récupérer le carton assez imposant dans l’appartement. Le colis provient de son oncle et a été envoyé la veille de son agression.

Avant d’ouvrir le colis, curieuse, elle s’assure de mettre des gants et de ne pas marquer quoi que ce soit de ses empreintes. Elle déballe un magnifique miroir ovale sur un support, avec de beaux ornements, d’entrelacs floraux. Il mesure un mètre de haut sur quatre-vingts centimètres de large, il est très beau, antique, il s’agit très probablement d’une pièce rare extrêmement précieuse. Sur les ornements, un mot de la main de son oncle est collé disant « décide qui tu es ». Avant de le déplacer dans l’appartement elle prévient MacMillan du colis qu’elle vient de recevoir et de l’identité de son expéditeur. Elle lui demande de venir. Elle envoie un message identique à Stéfano, avec un peu plus de chaleur et un « pardon » en signature.

Elle installe le miroir dans le salon. A l’extérieur, par la fenêtre, elle peut voir que le temps est gris, pluvieux, déprimant et, dans son salon, elle se sent observée. Inquiète, elle décide de remettre le miroir dans son carton et, au moment de le saisir, elle réalise que son reflet la regarde en souriant. Et, derrière son propre reflet, la silhouette distincte d’Archibald se dessine. Paniquée, elle cherche une couverture et tente de se raccrocher aux faits. Archibald est mort, il est en ce moment même au Centre Médico-Légal, et c’est sans doute sa culpabilité et sa fatigue qui s’exprime dans des hallucinations. En jetant le tissu sur le miroir, elle voit du mouvement se dessiner derrière, et, au contact, le métal est si froid qu’il la brûle. Lâchant le tissu, elle quitte l’appartement en catastrophe.

Dans la rue, hébétée, les pensées l’envahissent et un début de compréhension commence à poindre. Les mots de son oncle « je ne t’en veux pas », allongé dans son sang au Musée, le post-it sur le miroir « décide qui tu es » et le reflet étrange et souriant face à elle quelques minutes plus tôt. Archibald avait toujours été le guide de son enfance, la poussant à se réaliser. Aujourd’hui, en colocation par nécessité, à enchainer les contrats de doublage pour obtenir un semblant de liberté, elle réalise qu’elle s’est éloignée de la version qu’elle aurait aimé être. La version souriante, alignée et confiante qui, pendant un instant, à croiser son regard dans le reflet du miroir. Sa passion pour les enquêtes, pour le True Crime, pour les récits, c’est à ça qu’elle aspire depuis toujours. Soudain, repensant à la phrase « je ne t’en veux pas », elle réalise : elle n’était pas présente lors de l’agression d’Archibald, mais lui en était persuadé. Un instant elle envisage de retourner étudier le miroir puis si refuse, préférant attendre la venue de MacMillan.

Sa balade introspective la mène à proximité du garage Juarez et elle lève les yeux. Devant, travaillant activement à la réparation d’un véhicule, Damon est couvert d’huile de vidange. Leurs regards se croisent et il l’invite à la rejoindre à l’intérieur pour prendre un café. Gentiment il s’inquiète de son état, la fatigue et l’inquiétude visibles sur son visage. Elle le rassure un peu, avant de lui dire qu’une conversation avec un ami lui ferait sans doute du bien pour se changer les idées

Damon évoque une scène de crime sur laquelle, effectivement, la jeune femme était venue furetée. Elle serre son tournevis dans sa poche pendant que l’homme prend appui contre la porte menant vers l’extérieur, barrant la sortie, en la regardant. La tension monte entre eux, le danger palpable, et elle sent dans sa poche son téléphone vibrer. Elle le manipule discrètement, sans le sortir, pour parvenir à appeler MacMillan qui est dans ses derniers contacts. Certaine que l’appel est en cours, elle reprend la conversation « Ah ! Cette scène de crime, pourquoi j’y étais ? Attends que je me souvienne… Ah bah oui ! j’avais un casting voix pas loin, et je me suis gauffrée dans le caniveau. Alors, tu me connais mal mais, depuis toute petite je suis très curieuse, comme j’ai vu un attroupement je me suis dis que je pouvais aller voir, il y avait du monde et il pouvait se passer des choses quoi… ». Son téléphone vibre à plusieurs reprises et Renata fini par sortir son téléphone « Attends, c’est ma mère, faut que je lui réponde, elle doit me faire un virement, tu me permets ? je lui réponds ».

Sur son téléphone, de nombreux messages de Stéfano, Olivia et Coco « Où es-tu ? On est rentré ! », puis un autre « on s’inquiète pour toi, tu peux répondre ? » puis un dernier « il est à toi ce miroir dans le salon ? ». Elle se lève en panique, réalisant qu’elle n’a pas réfléchi aux conséquences en laissant le miroir accessible. Renata se tourne vers Damon « Bon j’ai pas le temps de jouer Damon, tu veux bien me raconter ce que tu as fait y a deux jours ? »

Damon sourit, ouvre la porte, et la laisse filer vers ses colocataires.

Des choix lourds de conséquences

A peine la porte de l’appartement passée, une scène sanglante se dessine sous les yeux de la comédienne. Les trois colocataires sont au sol, baignant dans leur sang. Debout, entre les corps, un double d’elle se tient. Renata, choquée, attrape son téléphone et tente de braquer la caméra vers sa réplique qui se jette sur elle. L’appareil lui échappe et s’éclate contre le mur. Le double se tient près d’elle, un bris de miroir ensanglanté dans la main et Renata réalise que c’est cette arme qui a eu raison de son oncle. Laissant son esprit s’échapper un instant, la comédienne se souvient du miroir, de la place qu’il avait pris dans son enfance. Un miroir face auquel pendant des années elle s’est coiffée, confiée, affirmée. Un objet qui a tout entendu de ses inquiétudes, ses frustrations, son envie de s’échapper du chemin tout tracé par sa famille, ses souhaits de liberté.

Dans son angle de vue, derrière la réplique, le reflet du miroir lui renvoie une image de son oncle et de ses trois amis allongés au sol dans leur sang. Elle serre les dents et attaque. Fracassant son poing dans la mâchoire du double, une violente douleur lui traverse le visage au même moment, parfait reflet du choc qu’elle vient d’asséner. Le genou au sol, elle est sonnée, prise d’un immense vertige. Son nez saigne abondamment. La réplique s’adresse à elle « Libère toi. Libère toi. Tu peux être tout ce que tu veux être, tu peux… » « T’es qui toi !? Psychopathe ! J’te connais pas ! Qui t’as demandé de… T’es quoi ? » « Je suis ce que tu as toujours voulu être, tu sais ce que tu vois, tu sais. Je ne suis que nous, que ce que tu veux et a toujours voulu être. Libère toi. Libère moi ». Au sol, les corps de ses amis sont étendus, le sang tâche les vêtements, collant, Renata regarde sa réplique qui pointe du doigt le reflet où ses compagnons sont encore debout « libère moi et je pourrais les libérer. Je les ferais revenir, et nous serons à nouveau réunis. Je te le promets. Sois qui tu veux être… » « Une psychopathe ? » « On continuera à faire ce que tu as toujours fait, ce que tu as toujours aimé », la réplique se tourne vers Archibald qui porte un air triste à l’attention de Renata.

Perdue, deux dents branlantes, le visage endolori, Renata hésite : casser le miroir ou accepter la proposition. Inspirant comme elle le peut, elle attrape un buste décoratif tombé dans l’altercation, se redresse « je veux devenir qui je veux être » et frappe le miroir de toutes ses forces. La réplique s’interpose juste à temps, la statuette impacte. Un froid glacial saisit le crâne de Renata, du sang coule de son front le long de son visage, son esprit s’embrume. Face à elle, son double lui sourit, de plus en plus naturellement, de plus en plus « elle ». Les mouvements un peu désarticulés s’assouplissent.

Renata tombe au sol, la réplique se recoiffe doucement et s’approche du miroir, glissant ses doigts sur le reflet. De l’autre côté, Archibald saisit la main tendue, puis Stéfano, puis Olivia et Coco, et ils entrent dans le salon, se prenant dans les bras. Dans le peu de conscience lui restant, la comédienne entant que l’on frappe à la porte, la voix étouffée de MacMillan s’élève « RENATA ! RENATA ! ». Elle se voit avancer vers la porte, lui répondre « vous pouvez venir m’aider, je crois que j’ai un souci, mais je pense que vous pouvez le régler ! ». Stéfano emmène le miroir avec lui, l’orientant vers la porte d’entrée.

Dans son dernier souffle, alors que la vie lui échappe, la porte s’ouvre et MacMillan entre.

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