« Mais il est complètement fou celui-ci ! J’suis en train de gérer tes problèmes ! Tu voulais que j’appelle les flics pour qu’ils te foutent en taule ? Toi l’putain d’Padre tu vas appuyer sur l’bouton ! Tu crois que c’est moi qui vais le regarder dans les yeux pendant que je lui fous l’feu et qu’il est encore vivant !? »
– TONY –
Pitch
Pour poursuivre une enquête menée en duo et réunir des fonds hautement nécessaires, Ernesto Aguilar et Tom Lynch rejoignent sur les conseils de Jonas Cohen du Daily News Aurora, les murs du Super Green Club, une société secrète des beaux quartiers d’Aurora où des producteurs de cinéma en mal de sensations fortes explorent les intrigues surnaturelles dont la ville ne manque pas. Sur place, ils sont rejoints par Tony « Tout va bien », un ancien mafieux dont la débrouillardise a su séduire les producteurs. Sur place, un mystérieux producteur leur demande de réunir leurs compétences pour mener l’enquête et trouver des réponses à une affaire étrange.
personnages-joueurs
- Ernesto Aguilar, interprété par Guillaume Sheol. Un prêtre aumônier hanté par ses actions passées
- Tom Lynch, interprété par Quentin Tentaculaire. Un journaliste sensationnaliste en quête de l’article qui le rendra célèbre
- Tony « Tout-Va-Bien », interprété par Mathieu Sommet. Un ex-mafieux opportuniste et enthousiaste, à la recherche d’une réussite qui se fait attendre
vidéos
La suite de l’article est une retranscription complète de l’épisode 1 de la triologie, si vous ne souhaitez pas vous divulgâcher la découverte, ne lisez pas plus loin. Les trois épisodes de la trilogie sont accessibles sur YouTube
personnages-non-joueurs (de la trilogie)
- Jonas Cohen, journaliste au Daily News Aurora
- Charles Reed, Prêtre Aumônier de l’Hôpital Militaire
- Richard Johns Hellman, Maire d’Aurora
- Docteur Delacruz, légiste de l’Hôpital Militaire
- Docteur Burns, directeur du Centre Jayden
- Murphy Burns, membre du personnel du centre Jayden
- Giovanni, gardien des espaces verts de l’ouest d’Aurora
- Commissaire Brookes du CCO
- Officier Hodge, agent de seconde zone du CCO
- Catlyn, la propriétaire de la bibliothèque d’Aurora
- Isabella, l’assistante archiviste de la bibliothèque
- Archibald Stewart, fondateur et ancien conservateur du Musée Jones & Jones
- Renata Stewart, comédienne de doublage et conservatrice du Musée Jones & Jones
- Reeks Power, Producteur commanditaire du dossier Jane Doe
- Dan D, artiste maudite
lieux, organisations et centres d'intérêt (de la triolgie)
- Le Braxton Bar
- L’Eglise Saint Victor
- Le SuperGreenClub, société secrète
- Le Daily News Aurora, agence de presse de la ville
- Association POLAR : centre de recherche indépendant des personnes disparues
- L’Hôpital Militaire et centre Medico-Legal
- L’Équipe Sportive des Belettes du High School Aurora
- Le Centre Médico-Légal Jayden, sous les ordres du Directeur Burns
- Le Centre Médico-Légal Troy
- La Pizzeria rue Cynthia
- Le Musée Jones & Jones
- La Bibliothèque et les Archives d’Aurora
- La Maison de repos des bas-fonds
En Mauvaise posture
Tom armé de son pare-chocs fait face à la créature décharnée enveloppée d’une tenue de médecin. Elle lui saisit l’épaule en hurlant, des postillons de sang coagulé et de crasse se répandent sur son visage. Tom observe ses environs et se saisit du brancard proche de lui, un corps drapé posé dessus, tentant de le positionner entre son agresseur et lui. Tony, toujours au sol, hurle à Tom d’attirer la créature vers l’extérieur pour l’écraser avec la Toyota.
Ernesto, dans la voiture, tente d’expliquer la situation à la police qu’il a toujours au téléphone. Sa panique est palpable et ses propos peinent à parvenir clairement à son interlocuteur qui demande des détails, et cherche à s’assurer de sa sécurité.
Tony se relève, traversé d’une douleur intense. Autour de lui, Tom est blafard, ensanglanté, ne tenant à distance l’ennemi que grâce à un brancard branlant. Décidant de s’enfuir à son tour, il répète son intention d’écraser la créature avec la voiture et de l’attirer dehors. D’une voix faible, Tom s’exclame, désespéré, que c’est lui qui a les clés. Avec le peu de force qu’il lui reste le journaliste les jette vers son compagnon et reconcentre son attention sur l’altercation. Tony attrape les clés et s’élance. En arrivant près de la voiture, il tente d’ouvrir les portes qu’Ernesto maintient fermées, terrifié. Il lui faut un instant pour réaliser qu’il s’agit de l’ex-mafieux et d’ouvrir. Tony, survolté, lui assène un violent coup de poing de frustration, et se glisse derrière le volant. Prêt à lancer la Toyota dans l’entrée du Centre Troy.
Tom s’évertue à tenir à distance la Créature tout en l’entrainant vers la porte de sortie. Il court, trainant le brancard à sa suite, le silence est presque palpable et, inquiet, il se retourne. Il n’y a plus personne dans le couloir. Un grognement se fait entendre près de la sortie, un souffle chaud lui parcourt la nuque. Les mâchoires noirâtres se referment dans son cou et arrachent les chairs, le sang s’écoule abondamment sur son torse. Les dents lâchent sa peau. Maintenant sa main sur la plaie, Tom sent que l’issue lui est de moins en moins favorable. Il voit, à l’extérieur, les phares allumés de la Toyota, dernier espoir d’échapper à une mort certaine.
Dans le quartier, la police commence à arriver, prévenue par Ernesto. Les agents sortent des véhicules et intiment à Tony et Ernesto de ne plus bouger. Depuis la voiture, ils peuvent percevoir la silhouette de Tom aux prises mortelles avec l’ennemi. L’ex-mafieux observe la situation, convaincu que la voiture entre parfaitement dans l’espace du Centre et permettrait de libérer le journaliste. Il prend une inspiration, se rappelant que sa chance reste son meilleur allié. Ernesto murmure « Dieu est notre copilote » et, malgré l’agacement, Tony lance la voiture à toute allure vers sa cible.
La voiture fonce vers l’intérieur du centre médico-légal, une balle des agents de police traverse la vitre arrière, l’une des portières s’arrache contre les murs, Tom s’écarte vivement du passage, attirant la créature avec lui sur le chemin du véhicule, et, alors qu’il passe au travers du pare-brise qui éclate, le journaliste s’écrase sur Ernesto à l’arrière de la Toyota. Sous les roues, dans un bruit de sac poubelle fermenté qui explose sous le soleil, la créature se déchire. Le bruissement du moteur résonne dans le couloir du centre, les policiers hurlent à leur attention. Tony leur répond vivement qu’ils ont besoin d’aide, qu’ils sont blessés, mais qu’ils ont stoppé la menace.
Les agents les aident à s’exfiltrer de la voiture. Prodiguant les premiers soins d’urgence à chacun. Tom est aux portes de la mort, blême. Ernesto tient fermement son chapelet. Tony, qui a cru au miracle, est à peine soulagé de l’issue de cette altercation. Un peu sonnés, sous pression, inquiets, commençant tout juste à réaliser ce dont ils viennent d’être témoins, ils sont embarqués en ambulance vers l’Hôpital Militaire.
Convalescents, sous surveillance
Durant le trajet, tous les trois dans le même véhicule avec l’officier Hodge, Ernesto réclame un peu de nourriture, et Tom, très mal en point, commence à expliquer qu’il ne s’agit que d’un accident routier malheureux. Un véhicule qui a perdu le contrôle et s’est encastré dans le centre. Peu convaincu, Hodge lève les sourcils, ignorant la tentative du journaliste de réécrire le narratif. Tony, sentant que les efforts de Tom sont vains, renchérit, d’une voix forte, qu’ils étaient tous les trois entre amis dans un bar, et que, par un concours de circonstances la soirée les a emmenés à croiser le chemin d’un fou et qu’ils sont les victimes d’une affreuse altercation. Il appelle ses compagnons à confirmer. Entre deux bouchées, Ernesto acquiesce, insistant sur leur statut de victime. Hodge les invite à se détendre, et prévient au talkie ses collègues que peut être les trois hommes sont sous influence. Il a l’air démuni face à la situation, n’étant qu’un officier de seconde zone, pour lui la situation pourrait n’être qu’un casse d’un bâtiment public. Hodge les prévient qu’ils vont chacun avoir à faire leur déposition et qu’ils seront gardés en isolement pendant la résolution de l’affaire.
A l’Hôpital, dans leurs lits séparés par des paravents, le personnel prend soin d’eux et les rafistole autant que possible. A l’extérieur de la chambre, un policier monte la garde, un médecin prend leurs constantes. Un peu apaisés, ils se reposent autant que possible. Tony se sent mieux, recousu et nourri. Tom est allongé, bandé, son hémorragie sous contrôle. Ernesto est installé dans une chaise roulante.
A l’aube, un homme se présente à eux, vêtu d’un perfecto et d’un chapeau, pas très grand, les yeux cristallins, une longue moustache. Il sort un calepin et leur tend une carte que Tony saisit, et se présente comme étant le Commissaire Brookes. Il s’adresse d’abord à Tom qui, feignant la confusion liée à la perte de sang, s’excuse en lui disant qu’il ne sait plus trop ce qu’il s’est passé la veille. Tony, se tenant la tête, suit l’exemple de Tom, précisant qu’il peut confirmer qu’ils se sont retrouvés face à un fou dangereux et que, pour se défendre, ils ont dû se résoudre à utiliser la Toyota pour sauver Tom de l’attaque. Lorsque Brookes se tourne vers Ernesto, le Prêtre ne répond plus, profondément plongé dans un mutisme évident.
Tony demande à Brookes si la police a pu interroger leur agresseur, ce à quoi l’officier répond qu’ils ont surtout trouvé les deux morceaux de son corps et que cela rendait compliqué la conversation. Le Commissaire leur demande pour qui il travaille et Tony affirme que son seul employeur c’est la rue et personne d’autre. Désabusé, Brookes leur dit qu’il ne pourra de toute façon pas les retenir, que leur caution a été réglée.
Incapable de tirer plus d’informations des trois compagnons, et après avoir sous-entendu qu’il ne leur fait absolument pas confiance, Brookes fait signe à son collègue posté à l’entrée de le suivre et il quitte les lieux.
A l’entrée de la chambre, Charles Reed apparait. Ernesto se tourne vers lui, et malgré sa posture défensive et peu accessible, ils font quelques pas vers un endroit plus intime. Ernesto, à voix basse, demande si un confesseur se trouve dans l’Hôpital. Charles lui répond que s’il doit y en avoir un, c’est lui. Mais qu’il n’est pas sûr d’être la bonne oreille, ou si les mots qui lui seront confiés seront la vérité. Ernesto, d’une voix sombre, lui dit que ce seront surtout les paroles de souffrance, les paroles d’un pêcheur.
Tony et Tom s’éloigne de la chambre et font quelques pas. L’ex mafieux sort de sa poche la carte du commissaire et la tend à Tom pour qu’il la prenne en photo, n’en ayant pas l’utilité de son côté. Au bout de quelques mètres, Tony se tourne vers son compagnon et prend un instant pour le remercier de l’avoir sauvé et d’avoir fait preuve d’un immense courage, qu’à partir de maintenant il le considère comme un bon mec, et se sent lié à lui. Il en profite aussi pour exprimer ses doutes sur l’alliance avec Ernesto qu’il considère lâche, petit et faux après les évènements de la veille. Terminant son discours il tend la main vers le journaliste qui la saisit en assurant à Tony qu’Ernesto est surtout profondément en difficulté, que la violence de l’altercation a certainement ravivé des blessures profondes. Tony acquiesce, envisageant de faire preuve de compréhension, mais précisant que ça lui sera difficile, s’étant senti abandonné à un sort funeste.
Installés dans un endroit isolé, éclairé à la bougie, Charles regarde Ernesto et lui prend la main, l’invitant à s’exprimer dans la maison de Dieu. Dans l’intimité de l’échange, si Charles ne lui offre pas réellement le pardon, il invite surtout son ami à requestionner son intention, les raisons de sa vocation, son humanité et, alors que la discussion se termine, Ernesto desserre son col et remercie le père Reed.
Reprendre l'enquête
Dans les couloirs, Ernesto est attiré par les voix de Tom et Tony qui sont raccompagnés vers l’extérieur de l’Hôpital par un militaire, guidés vers un dinner localisé près du service de pompe-funèbre. Le soleil s’est levé, les trois compagnons ont les joues creusées et sont épuisés, leurs vêtements encore bien tâchés de sang pour ceux qui les ont conservés, Tom porte sa veste par-dessus une chemise d’hôpital légère. Ils s’installent en silence dans le restaurant crasseux et peu visité. La cuisine y est minuscule, les chaises y sont serrées, seul un couple s’y trouve. Dans un coin, les évènements de la veille leur reviennent et avec eux, un lot de questions sans réponse.
Tony, brise le silence et s’adresse à Ernesto, pointant que son comportement pendant l’altercation n’était pas digne et que, bien qu’il comprenne son passé et pardonne, il se souvient. Pris d’un choc de réalisation il demande à Ernesto si les zombies existent, parce que la Créature face à laquelle ils se sont retrouvés n’avait plus rien d’humain. Tom essaie de se rassurer en évoquant la possibilité d’un maquillage pour dissimuler son identité. Tous trois réalisent aussi qu’ils sont arrivés trop tard pour analyser la troisième Jane Doe, dont le corps était déjà dans le four à l’arrivée de Tony et Ernesto. Et, qu’en plus de cet échec, ils sont désormais la cible d’une enquête policière sur les évènements.
Se refusant à faire équipe avec la police, Tony évoque la possibilité de retourner au SuperGreenClub pour leur dire que l’enquête est un échec et pour demander de l’aide s’ils devaient poursuivre la mission. Tom veut éviter d’abandonner et propose de formuler différemment les conclusions de leur première journée, les informer qu’une conspiration est en place pour faire disparaitre les corps rapidement, et que, sur place, ils se sont faits attaqués et laissés pour mort. Tony se sent en accord avec l’idée, et Ernesto s’exprime enfin, affirmant que la priorité reste de les garder en sécurité. Saisis par la fatigue, il est temps de se mettre en mouvement, Ernesto se désigne volontaire pour se rendre au club et faire son rapport, pendant que les deux autres partent se reposer au dispensaire. Tom aimerait que le groupe ne se sépare pas et que le rapport soit envoyé par message. Ernesto n’argumente pas et profite d’un instant d’inattention pour prendre, seul, la direction de la presqu’île.
Tom et Tony atteignent l’Église et s’allongent, rapidement emportés par le sommeil. Ernesto ère dans les transports en commun et commence à sentir le poids des regards, persuadé peu à peu d’être suivi. Il écrit à Tom pour s’assurer qu’ils vont bien, et, sans réponse, l’angoisse monte. Focalisé sur la sensation paranoïaque, il est envahi de souvenirs traumatiques, de hurlements de compagnons abandonnés à leur sort, d’images d’horreur. Figé avant le pont menant à la presqu’île, il s’assoit sur les berges à quelques mètres du Braxton Bar. Il écrit à nouveau à Tom, juste le début d’un message qu’il ne complètera jamais. Pris d’un dernier élan, se sentant perdu, le Père Aumônier contacte Charles Reed en l’appelant à l’aide.
Il est presque 17h quand Tony ouvre les yeux au dispensaire, reposé. Tom dort juste à côté et Ernesto n’est visible nulle part. Il réveille son compagnon. Le téléphone de Tom affiche quelques messages vocaux « Tom, faites attention vous êtes suiv… j’ai… ils sont morts… je ne sais pas où je suis, mais c’est pas grave, restez en sécurité, je… je suis désolé », puis un autre une heure plus tard « Tom… vous inquiétez pas, tout va bien » et un dernier « oh… je ne sais plus quoi dire… pardon » et huit appels en absence sans message. Tom tente de rappeler Ernesto mais l’appel sonne dans le vide. Inquiets, les deux compères essaient d’imaginer le chemin qu’il aurait pu suivre. Tom propose à Tony de se rendre en agence de location pour récupérer une nouvelle voiture pendant qu’il refait ses pansements et se prépare pour repartir.
A l’agence de location, Tony choisit la voiture qui lui parle le plus, rococo, violette, longue, décapotable, zébrée, low-ridder, moumoute sur le volant, avec des courbes élégantes. Parfaitement repérable et payée sans hésitation avec la SuperGreenCard. Il rejoint le dispensaire et attend Tom sur le parking. Prêts à partir, les deux hommes tentent de limiter leurs options pour retrouver la piste d’Ernesto. Tom propose de commencer par le centre-ville, en commençant par le dinner dans lequel ils avaient déjeuner le matin même, Tony pense qu’il faudrait surtout surveiller les bars, qu’à son avis, l’homme est probablement en train de décuver quelque part après une cuite monumentale. Tom espère que, si l’idée de Tony est la bonne, un prêtre alcoolisé déambulant dans les rues sera facile à retrouver. Et, par chance, c’est rapidement qu’ils retrouvent la piste de leur compagnon et se rendent sur les berges proches du Braxton Bar.
Près de l’eau, Ernesto n’a pas dormi de la nuit, ses yeux sont gorgés de sang, et Charles est à ses côtés, tentant d’apaiser ses démons. Ernesto ne parvient pas à trouver le repos, hanté par les cris et les images, paralysé dans une mission qu’il se sent incapable de remplir. La décapotable s’arrête sur les hauteurs, le moteur ronflant, et Tom et Tony rejoignent les deux prêtres. Malgré leur arrivée bruyante, Ernesto ne réalise pas que ses compagnons sont à ses côtés. Charles insiste, faisant promettre à son ami qu’une fois sa mission terminée, il le rejoindra au dispensaire pour se reposer. Ernesto refuse de promettre et, apercevant enfin le journaliste et l’ex-mafieux, saisit l’opportunité d’échapper à la demande de Charles.
Réunis, les trois compagnons font un point sur la mission. Ernesto les prévient qu’ils sont probablement suivis, et qu’il n’a finalement pas atteint le SuperGreenClub la veille pour remettre leur rapport. Il presse pour se rendre à nouveau au Centre Troy récupérer les informations qui leur manquent. Tom rappelle que l’une des Jane Doe était mariée et que, sans doute, son mari la recherche, qu’il serait donc intéressant de contacter POLAR, l’association de recherche des personnes disparues, pour voir s’il s’est manifesté, leur donnant ainsi une chance de parvenir à identifier l’une des victimes et comprendre pourquoi elle avait été prise pour cible. Tony, de son côté, est plutôt favorable à un détour par la morgue, il ajoute que le SuperGreenClub paierait surement grassement s’ils leur remettaient un bout du zombie les ayant attaqués. Bien que cela puisse être une preuve irréfutable de l’étrangeté de l’affaire, Tom rappelle, inquiet, que l’objectif de leur mission était uniquement de recueillir des informations, pas de ramener un cadavre. Les trois compagnons décident finalement de retourner au Centre Troy pour recueillir des informations claires sur leur agresseur et, idéalement, sur sa victime présumée.
Retour au centre Troy
Devant le Centre médico-légal, la nuit est en train de tomber, le temps se gâte et la pluie s’intensifie. L’ambiance de la ville semble en décalage avec l’état des trois hommes. Tony, de nature joviale, s’enfonce doucement dans un déni total face à l’étrange. Tom sent son inquiétude monter en observant l’état presque maniaque d’Ernesto qui, lui, est déterminé et retombe dans ses réflexes militaires. Un agent de police se tient en surveillance de la zone qui porte encore les traces des évènements de la veille. Reprenant son stratagème précédent, Tom file rue Cynthia pour commander de nouvelles pizzas et tenter à nouveau une diversion. Tony, après un échange avec Ernesto sur le besoin de s’armer, contacte d’anciens collègues. Oubliant un instant qu’il n’est pas dans les bonnes grâces de la petite mafia d’Aurora. L’homme qui lui répond accepte de l’aider et lui propose un rendez-vous dans un endroit très isolé ce qui met la puce à l’oreille de l’ex-mafieux qui, se souvenant de sa montagne de dettes, abandonne l’idée de s’y rendre.
Pour éviter de se faire repérer, Tony gare la voiture ostentatoire un peu plus loin pendant que Tom met en œuvre son stratagème déjà éprouvé. Comme la fois précédente, le gardien plonge dans la pizza et laisse la voie libre pour l’infiltration.
Ernesto entre en premier, accroupi dans un environnement dont le sol est encore jonché de débris, il guide les deux autres de signes militaires erratiques. Tom entre à son tour, un peu anxieux de revenir là où, à peine quelques heures plus tôt, il échappait à la mort. Vigilant, il observe les environs à la recherche d’indices ou d’informations. Tony, concentré sur l’aspect lucratif de la mission, décide, s’il ne trouve pas d’information, d’au moins ramener le crâne de la créature au SuperGreenClub et ainsi assurer leurs arrières. En avançant, il réalise que Tom, perdu dans ses pensées et trainant un peu en arrière, ne fait pas attention à où il met ses pieds, et le craquement d’un bris de verre l’inquiète. Il vient saisir le journaliste à l’épaule et le guide vers un chemin dégagé. Ernesto trouve sans hésitation la direction de la chambre mortuaire. Captant l’arrivée d’un gardien à la lueur de la torche qui approche, l’ancien militaire fouille les poubelles à la recherche d’un scalpel et, en le saisissant se pique avec des seringues usagées. Tony s’empare de vestes de médecin, en tend une à Tom et enfile la seconde.
Le gardien apparait face à eux. Sa main sur le talkie, la lampe braquée sur eux. Sentant la posture d’Ernesto se raidir, Tony pousse l’ancien militaire et s’interpose, misant tout sur son subterfuge. Il se présente comme un légiste appelé en renfort au Centre Troy, accompagné de ses collègues, tous trois des grands spécialistes de leur métier. Ernesto, persuadé que la diversion de Tony ne fonctionne pas et que l’objectif de la mission leur échappe, s’élance et plante son scalpel dans la gorge du gardien sous le regard choqué de son collègue dont le stratagème semblait porter ses fruits. L’ex mafieux craque devant la situation chaotique, incapable de comprendre le geste de leur collègue, il s’énerve, chuchotant énergiquement des consignes pour tenter de se sortir de ce mauvais pas. Tom, sidéré, se rapproche de l’homme qui se vide de son sang à terre et tente de faire pression sur la plaie avec la veste de médecin. Sentant tous deux qu’ils ne parviendront pas à le sauver, leurs regards se portent sur la salle où se trouve le four.
Ernesto n’a pas attendu que le corps de sa victime touche le sol pour poursuivre son chemin vers la salle mortuaire. Il repère les deux morceaux du corps de la créature, et saisi le brancard qui les soutient, l’emmenant vers la sortie du bâtiment sans attendre.
Dans le couloir, voyant le prêtre avancer, déterminé, Tony s’affole. Les mains ensanglantées, toujours à genoux près de l’homme mourant il presse Tom de s’occuper d’Ernesto et de le retenir, le parking vers lequel il se dirige étant encore sous surveillance de la police. Tom s’élance, et Tony commence à trainer le corps vers l’incinérateur. Sur les talons d’Ernesto, Tom l’entend répéter à voix basse « la mission, faut les emmener, on l’emmène, on fait la mission, et après… ». Il l’arrête en disant « C’est pas ça ta mission soldat. Tourne-toi vers moi ». Ernesto se fige, le scalpel à la main, et se tourne vers lui « c’est quoi la mission ? »
« Donne-moi le scalpel, doucement. T’en as pas besoin, la mission est terminée ». Ernesto serre un peu plus l’arme, s’il y a bien une chose dont il est sûr c’est que, non, la mission n’est pas terminée. Tom, sentant que cette réponse ne fonctionne pas, poursuit « réfléchis aux conséquences, tu es dans une zone urbaine, ton terrain d’opération n’est pas le même qu’au Panama. Si tu sors avec ce chariot et ce corps coupé en deux, tu vas nous mettre en danger, Tony et moi ». Ernesto lâche le scalpel.
Un semblant de calme retrouvé, Tom entraine son compagnon à sa suite dans la direction empruntée par Tony, tirant le chariot derrière eux. Ils entrouvrent la porte et retrouve l’ex mafieux en train de tenter par tous les moyens de forcer le corps du gardien presque mort dans le four. Ernesto écarquille les yeux et chuchote « Tony, qu’est-ce que tu as fait ? ». Il n’en faut pas plus pour rendre Tony fou. Survolté par l’audace, tentant toujours de se débarrasser de la victime agonisante du prêtre, il s’énerve, hurlant « MAIS IL EST COMPLETEMENT FOU CELUI-CI ! J’SUIS EN TRAIN DE GERER TES PROBLEMES ! TU VOULAIS QUE J’APPELLE LES FLICS POUR QU’ILS TE FOUTENT EN TAULE ? TOI, L’PUTAIN D’PADRE TU VAS APPUYER SUR L’BOUTON ! PARCE QUE TU CROIS QUE C’EST MOI QUI VAIS LE REGARDER DANS LES YEUX PENDANT QUE JE LUI FOUS L’FEU ET QU’IL EST ENCORE VIVANT ? »
Pendant que Tony hurle sur Ernesto, Tom récupère tous les documents qu’il peut dans la pièce, espérant y trouver les rapports qu’ils étaient venus chercher initialement. Sans être sûr de ce qu’il récupère, il demande à Tony s’il pense que le corps de la créature suffirait pour le SuperGreenClub. Tony se calme légèrement avant de dire « prends la tête ». Ernesto soulève le drap couvrant les deux bouts de corps, dans l’intention de suivre la consigne de l’ex-mafieux. En rendant le corps visible, ils peuvent tous les trois voir, marqué au fer rouge dans la peau de leur agresseur la lettrine F, répétée en de nombreux exemplaires. Ernesto tire de toutes ses forces pour détacher la tête, mais n’y parvient pas. Quelques os craquent, se brisent, mais rien ne vient. Tony finit de son côté d’insérer le gardien dans le four en le poussant avec un balai.
Tous les trois dans le silence de la salle mortuaire, le four allumé, le corps de la créature sous la main, les dossiers sous le bras, un balai dans la main,ils décident d’emporter le corps jusqu’à la Cadillac. Tom jette le scalpel dans le four, se débarrassant des dernières traces.
A l’angle de la sortie de la morgue, le drap cachant le corps coupé en deux, Ernesto pousse le brancard vers ses compagnons et leur dit « je vais vous faire gagner du temps, barrez-vous » et prend la direction du policier en patrouille. Tony et Tom s’observent avant de filer vers la Cadilac, l’un encore enveloppé d’une veste de médecin couverte de sang, l’autre blême. A quelques mètres du policier qui porte la main à son arme, Ernesto s’élance en hurlant, attirant l’attention de l’homme sur lui. Pris de vertiges, de fièvre, la circulation aux alentours un bruit blanc qui s’infiltre dans son esprit, le souvenir du gardien la gorge dégoulinant de sang, la morgue, le cadavre d’une créature impie, le four et les cris, Ernesto avance vers l’arme pointée sur lui, les semonces du policier inaudibles. Alors que l’agent s’apprête à appuyer sur la détente, un bruit sourd brise les pensées du prêtre, et l’homme s’effondre. Derrière lui, Tony se tient, son balai à la main, le souffle court « Bon ? On y va ? ».
A bord de la Tony mobile
Sur le parking plus loin, Tom charge les deux bouts de corps dans la voiture. Ses deux compagnons le rejoignent alors qu’il ferme le coffre. Ils montent dans la Cadillac et prennent la route, mettant le pus de distance possible entre eux et le centre Troy. Le silence est pesant, la gêne présente. Ernesto reste prostré, sa main serrée sur une seringue, vestige de sa fouille précédente. Tony tient fermement le volant couvert de fourrure, concentré sur la route. Tom réfléchit en 4D à la mission, conscient des doigts de la créature qui dépassent des sièges arrière, de la galère grandissante dans laquelle il se trouve, cherchant à reprendre prise sur l’objectif.
Sortant du silence, Tom évoque la possibilité de fuir de la ville, ce qu’Ernesto refuse, rappelant qu’au-delà de la mission du SuperGreenClub, une autre affaire les attend. Acquiesçant, il poursuit « vous aviez déjà vu des marques comme ça sur un corps ? » et Tony se raidit.
La conversation toujours tendue, Tom propose de se garder discrètement quelque part pour étudier les dossiers. Ils trouvent refuge sur un parking sombre, une carcasse de voiture brûlée comme seule voisine. Dans les documents, il trouve des éléments concernant l’affaire, les photos du corps de la créature. Il réalise que ces éléments auraient suffi, qu’emmener le cadavre n’était pas nécessaire. Les lettrines tatouées y sont visibles.
Le téléphone du journaliste sonne au milieu de leur conversation. Le SuperGreenClub vient aux nouvelles, évoquant le fait que les dépenses sont un peu effarantes, supposant que l’enquête doit bien avancer. Tom, inspire profondément, son calme retrouvé, il mentionne la lettrine F, le fait que le meurtrier en était tatoué et confirme qu’ils n’ont pas encore les réponses, juste une piste. L’interlocuteur rappelle que si l’enquête leur est déléguée c’est pour qu’ils obtiennent des réponses rapidement, que, les sentant sereins, il leur renouvèle sa confiance malgré l’inquiétude générée par les frais, et les invite à donner des nouvelles plus souvent.
Tom raccroche, range son téléphone et se tourne vers ses compagnons « je propose qu’on mette les deux bouts de cadavre dans la voiture brûlée sur le parking, avec tous les dossiers médicaux qui ne concernent pas l’affaire, on vide un jerrican d’essence dessus et on se débarrasse de tout ça. Le commissaire Brookes va en avoir pour un moment à dépatouiller tout ça. On file, on étudie les documents et on cherche une vraie piste. Ernesto, il faudra que tu changes de look… dans quelques heures le policier assommé va prévenir qu’un prêtre l’a agressé… Brookes fera le lien vite et va nous tomber dessus. ».
Après avoir récupérer une dent de la créature, espérant y trouver de l’ADN, puis brûlés les preuves et le corps, les trois compagnons prennent la route vers le dispensaire de l’Église Saint Victor pour s’accorder sur les étapes suivantes. La première étape étant d’abandonner la Tony Mobile au profit d’un véhicule plus discret, puis de transformer l’apparence du Prêtre.
Sur place, Ernesto se rase et s’habille d’une tenue simple. En se regardant dans la glace, les yeux rougis, épuisé, sans barbe ni cheveux, il ne se reconnait pas. Plus au calme, chacun respire un peu mieux. La dépendance de l’église se couvre des éléments de l’enquête : les photos du cadavre et du tatouage, les dossiers de Jane Doe. Tom voyant qu’Ernesto reste sur le qui-vive, va récupérer des calmants à la pharmacie la plus proche pour lui permettre de se reposer, ce que l’ancien militaire refuse en se concentrant sur les éléments de l’enquête. Tom avale des calmants, encore profondément remué de son expérience de mort imminente à peine un jour plus tôt, et s’allonge dans un coin. Tony, lui, terrifié par le comportement instable du Prêtre, sent qu’il ne parviendra pas à dormir et s’affaire à la lecture des dossiers, sans vraiment de direction. Ernesto ouvre les textes sacrés, cherchant des références communes avec la lettrine F.
Trois chemins
Au petit matin, Tony décide de se rendre à la bibliothèque pour accéder aux archives et chercher une information sur la lettrine, laissant Tom et Ernesto au dispensaire. Tom, qui se repose près d’Ernesto, l’entend inconsciemment réciter des textes bibliques en boucle toute la nuit, ce qui perturbe son sommeil. Lorsqu’il ouvre les yeux, le prêtre est affairé et l’anxiété lui glace les os.
Seul, hors de sa zone de confort, Tony se renseigne à la bibliothèque. Il rencontre Isabella qui y travaille et l’invite à s’installer dans le coin BD en attendant l’arrivée de sa patronne pour l’aider. Plongé dans la lecture du huitième tome de Super Carnard relatant l’arrivée des premières stations d’essence à Aurora et le parcours du patron d’une corporation pétrolière qui, aidé du super-héros, a su relever tous les défis brillamment. Finissant par s’adresser au livre en demandant « mais… quel rapport avec le camion de pompier ? », l’ex mafieux réalise que la patronne est à ses côtés, tentant d’attirer son attention. Catlyn lui demande la raison de sa visite et Tony montre la lettrine redessinée. Elle l’emmène avec elle aux archives, guidant sa recherche. Au bout de quelques heures, elle le confie à Isabella et retourne s’occuper de son établissement.
Au dispensaire, Ernesto continue d’explorer les textes et Tom file vers un laboratoire, décidé à analyser les données ADN de la créature. Il cherche tous les kits disponibles et lance des demandes multiples. Ernesto, la fatigue pesante, pique du nez régulièrement. Sentant qu’il perd parfois le fil, il commence à dessiner sur les murs les éléments qui lui apparaissent et tire des liens entre chaque indice biblique.
Tous trois profondément immergés dans leurs recherches, les réponses commencent à apparaitre. Tony, aidé d’Isabella, découvre après presque une journée d’exploration les traces d’un artiste nommé Dan D. qui signait ses œuvres expressionnistes de cette lettrine F. Cet artiste des années 1960 faisait des expositions mettant en scène cette lettre, cette signature, comme une obsession. Il apprend aussi qu’une exposition de certaines de ses œuvres est aujourd’hui accessible au Musée Jones & Jones d’Aurora. Tom, de son côté, récupère les résultats des kits ADN. Installé sur un banc dans un parc, il ouvre le dossier. La structure génétique de la créature ne lui est pas inconnue, il ouvre les dossiers du SuperGreenClub et la correspondance est effrayante de précision. La Créature et les trois Jane Doe partagent un ADN identique. Ernesto, traçant une dernière ligne entre deux éléments, a l’illumination. La lettrine F se révèle à lui dans les textes sacrés. Le symbole est lié aux termes Éternité, Immortalité, selon la version, et s’intègre à des récits apocryphes de fin du monde.
Chacun porteur d’une part de la réponse, isolés dans des lieux différents, ils ont désormais des pistes. La créature partage son ADN avec les victimes, la lettre existe dans des textes de fin du monde, et enfin, un artiste obsédé par cette lettre est exposé au musée Jones & Jones.
