« Votre absolu pour l’art, c’est mon absolu pour la religion. Nous partageons le même sacerdoce. Donnez-moi ce poids avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains. »
– ERNESTO AGUILAR –
Pitch
Pour poursuivre une enquête menée en duo et réunir des fonds hautement nécessaires, Ernesto Aguilar et Tom Lynch rejoignent sur les conseils de Jonas Cohen du Daily News Aurora, les murs du Super Green Club, une société secrète des beaux quartiers d’Aurora où des producteurs de cinéma en mal de sensations fortes explorent les intrigues surnaturelles dont la ville ne manque pas. Sur place, ils sont rejoints par Tony « Tout va bien », un ancien mafieux dont la débrouillardise a su séduire les producteurs. Sur place, un mystérieux producteur leur demande de réunir leurs compétences pour mener l’enquête et trouver des réponses à une affaire étrange.
personnages-joueurs
- Ernesto Aguilar, interprété par Guillaume Sheol. Un prêtre aumônier hanté par ses actions passées
- Tom Lynch, interprété par Quentin Tentaculaire. Un journaliste sensationnaliste en quête de l’article qui le rendra célèbre
- Tony « Tout-Va-Bien », interprété par Mathieu Sommet. Un ex-mafieux opportuniste et enthousiaste, à la recherche d’une réussite qui se fait attendre
vidéos
La suite de l’article est une retranscription complète de l’épisode 1 de la triologie, si vous ne souhaitez pas vous divulgâcher la découverte, ne lisez pas plus loin. Les trois épisodes de la trilogie sont accessibles sur YouTube
personnages-non-joueurs (de la trilogie)
- Jonas Cohen, journaliste au Daily News Aurora
- Charles Reed, Prêtre Aumônier de l’Hôpital Militaire
- Richard Johns Hellman, Maire d’Aurora
- Docteur Delacruz, légiste de l’Hôpital Militaire
- Docteur Burns, directeur du Centre Jayden
- Murphy Burns, membre du personnel du centre Jayden
- Giovanni, gardien des espaces verts de l’ouest d’Aurora
- Commissaire Brookes du CCO
- Officier Hodge, agent de seconde zone du CCO
- Catlyn, la propriétaire de la bibliothèque d’Aurora
- Isabella, l’assistante archiviste de la bibliothèque
- Archibald Stewart, fondateur et ancien conservateur du Musée Jones & Jones
- Renata Stewart, comédienne de doublage et conservatrice du Musée Jones & Jones
- Reeks Power, Producteur commanditaire du dossier Jane Doe
- Dan D, artiste maudite
lieux, organisations et centres d'intérêt (de la triolgie)
- Le Braxton Bar
- L’Eglise Saint Victor
- Le SuperGreenClub, société secrète
- Le Daily News Aurora, agence de presse de la ville
- Association POLAR : centre de recherche indépendant des personnes disparues
- L’Hôpital Militaire et centre Medico-Legal
- L’Équipe Sportive des Belettes du High School Aurora
- Le Centre Médico-Légal Jayden, sous les ordres du Directeur Burns
- Le Centre Médico-Légal Troy
- La Pizzeria rue Cynthia
- Le Musée Jones & Jones
- La Bibliothèque et les Archives d’Aurora
- La Maison de repos des bas-fonds
En route vers le musée Jones & Jones
De retour au dispensaire, à presque 18h, les trois compagnons se regroupent chacun avec des réponses complémentaires. Tony brise le silence, il a une piste pour la lettrine, celle d’un artiste actuellement exposé au Musée Jones et Jones. Tom complète en disant que la créature avait le même Adn que les Jane Doe et que, d’après lui, s’il y en a quatre, il n’est pas impossible qu’il y en ait plus. Tom regarde son téléphone pour consulter les horaires d’ouverture du Musée. Ils peuvent s’y rendre ce soir et se mêler aux visiteurs, ou de nuit, discrètement. Ernesto est plutôt favorable à l’infiltration et s’arme d’un couteau de cuisine. Tony s’énerve, rappelant qu’ils ont déjà assez de souci, un meurtre sur la conscience et une armée de problèmes qui ne cessent de s’accumuler. Le Prêtre s’assombrit, lui, de son côté, ses recherches ont donné des réponses inquiétantes. Ils sont face à une situation mystique préoccupante, ça parle de fin du monde et d’immortalité, et la vigilance est de mise. Infiltrer de nuit est peut-être dangereux, mais le faire à la vue de tous risque de les mettre en danger et, ce qu’ils cherchent est trop sensible pour laisser quoi que ce soit visible.
Tom, son téléphone toujours en main, voit le titre d’un article au sujet du Musée. Un récent drame a frappé le lieu, son précédent conservateur, Archibald Stewart, ayant été assassiné dans des circonstances mystérieuses, sa nièce Renata ayant pris la relève récemment. Après avoir pesé le pour et le contre, et face au scepticisme de Tony et Tom – malgré ce dont ils ont été témoins – ils décident finalement de se rendre au Musée immédiatement.
Tom, son téléphone toujours en main, voit le titre d’un article au sujet du Musée. Un récent drame a frappé le lieu, son précédent conservateur, Archibald, ayant été assassiné dans des circonstances mystérieuses, sa nièce Renata ayant pris la relève récemment. Après avoir pesé le pour et le contre, et face au scepticisme de Tony et Tom – malgré ce dont ils ont été témoins – ils décident finalement de se rendre au Musée immédiatement.
Dans la voiture, ils affinent leur plan. Une fois dans le musée, il leur faudra trouver une cachette, les toilettes ou une réserve mal surveillée. Le soleil commence à se coucher, les jours se raccourcissent, la pluie commence à tomber. Légère et envahissante. Devant le musée d’histoire naturelle, les posters annoncent l’inauguration d’une aile allouée à la mémoire d’Aurora, leur destination. Une classe de jeunes se préparent à entrer en visite. Tom hésite à s’intégrer au groupe en allant chercher des bonbons et mettre en œuvre la stratégie pizza. Tony et Ernesto font remarquer qu’offrir des sucreries à des enfants, vêtu d’un imper’ risquerait de donner un mauvais genre. Tom abandonne l’idée.
Le bâtiment est assez imposant, plusieurs étages consacrés aux expositions, et, au sommet, des habitations. Probablement un appartement habité. Un plan du musée est accessible dès l’entrée, un espace nouveau, en travaux, attire leur attention. Une aile fermée, discrète, permettant de s’infiltrer. En entrant, ils saluent le garde, et se mêlent aux visiteurs, se séparant pour plus de furtivité. Voyant que la concentration des gardes est focalisée sur les enfants, Ernesto fonce. Décidé. Tony lui emboite le pas à distance. Tom observe le système de sécurité, localisant les caméras de surveillance. Ils traversent tous les trois l’espace consacrée à l’histoire naturelle, qui retrace l’histoire de la science et de la médecine. Des expériences sont exposées, des bocaux de formol, des ossements, des dessins et des schémas. Sans trop prêter attention aux éléments exposés, ils filent vers l’aile en travaux, déterminés à s’y infiltrer jusqu’à la fermeture des lieux.
La zone en travaux se révèle devant eux, ils quittent l’espace un peu glauque des expériences médicales pour découvrir une aile élégante. Des statues et des tableaux sont couverts de tissus, la section n’étant pas encore prête pour recevoir du public. Le groupe cherche des cachettes pertinentes, les draps couvrant les zones peuvent être une option, la partie tableau et expo semble labyrinthique et favorable à la discrétion. Des espaces sont visibles entre certains murs, en rentrant le ventre, c’est envisageable. Un échafaudage est encore monté, Tom et Tony réfléchissent ensemble à la possibilité de grimper à son sommet et, allongé, rester indétectable. Ernesto, de son côté, aperçoit deux gardes, l’un concentré sur les enfants, l’autre prenant la route vers les toilettes. Cet homme-là possède une carrure proche de la sienne et, sa tenue, pourrait être le parfait déguisement., et il lui emboite le pas. Tom capte le mouvement du coin de l’œil et file pour tenter de l’intercepter en s’interposant. Le garde s’éloigne, Ernesto contourne Tom sans lui prêter attention, et poursuit son objectif.
Tony, laissé seul, tente de grimper sur l’échafaudage. Très peu agile, le torse sur le sommet, les jambes dans le vide, les fesses exposées, il ne parvient pas à se hisser assez vite et est interpelé par le garde le plus proche. Tentant de jouer de son bagout pour se sortir de la situation, il s’invente une expertise en échafaudage. Le garde lève un sourcil circonspect, peu convaincu. Tony essaie de se dégager pour appuyer son propos, le mouvement provoque la chute de la structure dans un bruit terrible de ferraille. Blessé, au sol, dans un silence de mort, tout le monde se tourne vers lui. Ernesto profite de l’accidentelle diversion pour entrainer sa cible dans les toilettes. Une clé de bras plus tard, le garde s’effondre inconscient dans une des cabines.
Tom, dont l’attention avait été attiré par la chute de l’ex-mafieux, réalise qu’Ernesto a disparu avec l’un des gardes dans les toilettes. Sentant que la situation est mal engagée, il repère des portes incendies et se glisse dans une des cloisons. Il envoie un message à ses compagnons « A la fermeture du musée, vous allez surement vous faire virer d’ici là, je vous ouvrirai la porte de secours pour entrer tout a l’heure. Vous faites pas plus remarquer s’il vous plait <3 <3 <3 ». Tony, au sol hurle « je vous avais bien dit que c’était pas aux normes ! » il joue la carte de la blessure et demande de l’aide. Une femme employée du Musée, Isabella, arrive rapidement vers eux, cheveux courts, lunettes larges, rouge-à-lèvres délavé. Elle vient soutenir le garde et s’inquiète à voix basse de la réaction des assurances vis-à-vis de la situation. Tony n’attend pas plus pour saisir la perche et fait un esclandre, menaçant d’un procès.
Les employés sont en panique. Le gardien aide Tony à se lever, s’excusant et s’inquiétant de son état. Autour, les professeurs accompagnant la sortie scolaire entrainent les enfants vers la sortie, inquiets de la scène qui se déroule. Un craquement sourd retentit alors, le placo-phonique dans lequel Tom tentait de se faufiler s’effondre au sol. Le journaliste est à genoux, couvert de plâtre et Tony renchérit à nouveau, hurlant que le bâtiment est un danger public, invitant son compagnon à se joindre à la mascarade. Un visiteur s’approche en courant de Tony, prétextant être un médecin. Une fois penché près de l’ex mafieux, il murmure à son attention « je suis avocat… je pourrais vous défendre » et glisse sa carte dans sa poche. Tom, pour soutenir le narratif, appui sur le pansement sur sa gorge, réactivement le saignement légèrement. Le gardien vient à son secours.
A l’abris des regards et de l’attention, Ernesto récupère la veste du garde et l’enfile, glissant son couteau dans la poche intérieure. Une fois le corps positionné dans une cabine, il appose une affiche sur la porte « hors service » et sort discrètement des toilettes, dans son nouvel accoutrement, invisible.
Entrevue avec la conservatrice
Tom et Tony, soutenus par les gardiens et l’employée du Musée, sont emmenés vers le PC Sécurité pour être soignés. Les deux hommes sont installés au calme et entourés de gentillesse. Des boissons rafraichissantes leur sont amenées pendant que le gardien s’affaire à panser les blessures de Tom. Tony, pendant ce temps jette un œil aux caméras et reconnait la carrure d’Ernesto qui se balade en tenue de garde dans le bâtiment. Isabella les prévient que Renata Stewart, la conservatrice, va venir les voir pour régler cette situation calmement. Tom invoque son métier de journaliste, prévenant qu’il travaille avec un confrère du Daily News et qu’il commence à s’inquiéter de la sécurité du lieu, surtout sachant que dernièrement le précédent conservateur y avait trouvé une mort tragique. Le personnel se raidit, leur panique palpable. La porte du PC s’ouvre, et une jeune femme d’une trentaine d’années les rejoint. Renata Stewart, déposant sur le bureau des serviettes et leur tendant du chocolat de réconfort, se tourne vers eux. Tom n’attend pas pour poser ses conditions de résolution, il assure qu’il ne portera pas plainte si elle accepte de leur faire une visite privée, prétextant un intérêt très fort pour l’histoire d’Aurora.
La conservatrice, d’une voix douce, se présente et leur demande s’il sera nécessaire d’appeler un hôpital pour les assister. Tom la rassure que non, tout blessé qu’il soit, il devrait s’en remettre et préfèrerait une solution plus douce. Renata s’inquiète de Tony avant de donner suite, et l’ex mafieux s’aligne sur la demande de son compagnon. Ne demandant qu’un fauteuil roulant pour apprécier la visite sans souffrir. Renata acquiesce, elle va lancer une enquête interne sur la sécurité du lieu pour comprendre comment les deux hommes ont pu se blesser. Elle commande à manger et leur propose de se rendre dans ses appartements pour leur présenter des éléments de la prochaine exposition en avant-première.
Ernesto de son côté, libre de ses mouvements, joue le rôle d’un agent de sécurité, vérifiant les zones. Sachant qu’il ne pourra pas explorer les appartements pour se renseigner sur l’assassinat d’Archibald, il décide de se rendre dans l’aile encore fermée pour trouver des informations sur Dan D. et la lettrine. Dans le labyrinthe de tableaux, il trouve rapidement les œuvres qui l’intéressent. Une façade d’immeuble, photographiée en noir et blanc attire son attention. La lettrine y est inscrite en immense, la silhouette d’une personne de dos devant, impossible à identifier. Les commentaires inscrits sous la photographie parlent de l’importance de l’art au-delà des considérations humaines. Les autres œuvres sont celles d’un arbre taillé dans la forme de la lettrine, ainsi qu’un immense tableau d’aquarelle sur laquelle le F est jeté. Le Prêtre regarde les dates de création et note qu’aucune ne dépasse 1963.
Remarquant aussi qu’aucune représentation de l’artiste n’est accessible. Aucune photo, aucun croquis. Il envoie un message à Tom pour lui demander d’y être vigilant dans sa recherche, puis reprend sa route vers le PC sécurité. Tom et Tony, en fauteuil poussé par Renata, entrent dans l’ascenseur au moment où Ernesto passe devant eux. Leurs regards se croisent un instant, juste avant que la porte finisse de se fermer.
Arrivés dans les appartements de la conservatrice, après quelques mots gentils échangés entre Tony et Renata, Tom aborde le sujet de la culture d’Aurora et, particulièrement, son intérêt pour Dan D., artiste des années soixante. Renata sourit, ravie de découvrir que les deux hommes sont friands de culture, elle leur avoue qu’elle n’a repris le rôle que trop récemment pour avoir toutes les réponses. L’artiste dont ils parlent étant de la génération de son oncle, peut être que dans ses affaires encore emballées, elle trouvera quelque chose d’intéressant pour les satisfaire. Les appartements sont confortables, coquets. Le salon ressemble à un lounge anglais, accueillant bien que sobre. Tout y est proche du sol, des plantes, des tables basses, de grandes fenêtres et un fumoir isolé qui donne sur un balcon dans lequel on peut apercevoir un narguilé. Ils s’installent confortablement dans les quartiers de la jeune femme pendant que celle-ci récupère les papiers d’assurance qu’Isabella a préparé.
Sur les traces de Dan D.
Infiltré au PC sécurité, Ernesto est seul. Il se connecte sur l’ordinateur, cherchant dans les vidéos surveillance des informations sur la nuit de la mort d’Archibald. Ne trouvant rien, ni dans les vidéos ni dans les documents, il réalise que l’agresseur s’était probablement introduit chez le vieil homme par l’extérieur, et, étant donné le peu de désordre subit par le musée, il était surement ciblé personnellement. Il en profite pour se renseigner sur la nièce, découvrant sa carrière de comédienne de doublage et actrice, mais rien de louche la reliant au meurtre. Filant avant qu’un garde n’arrive, il reprend le chemin vers les œuvres de Dan D. pour espérer glaner plus d’informations. Sur place, devant la photographie de la façade, il décide finalement de s’en emparer et de quitter les lieux pour l’analyser plus en détails au dispensaire. Il envoie un message à ses compagnons pour les prévenir de sa destination, et, aider par son déguisement, parvient à quitter le Musée en toute discrétion.
Dans le Lounge, détendus, Tom et Tony partagent un verre avec la conservatrice. Après avoir signé les décharges libérant le musée de tout risque de poursuite, Renata leur indique les affaires de son oncle avant de filer se reposer. Les deux compères, laissés seul près de nombreux cartons, dans l’ambiance feutrée des appartements, reprennent le fil de leur enquête. L’ex mafieux, concentré, réalise que Tom a piqué du nez entre deux documents, et, souriant de le voir endormi, poursuit sa recherche sans le réveiller. En fouillant les papiers d’Archibald, découvre que l’homme, au-delà de son métier, était un vrai féru d’art, passant beaucoup de temps au contact d’artistes dans ses jeunes années, dont Dan D.
Parmi les documents, après une bonne heure de recherche, l’ex mafieux tombe sur une lettre et une carte de visite marquées de la lettrine F. Renata le rejoint, reposée, découvrant le journaliste endormi et Tony les mains dans les papiers. Elle n’y prête pas vraiment attention, s’affairant à ranger ce qu’il n’a pas isolé. Tom se réveille brusquement à la notification du message de Ernesto, hurlant « Les belettes ! ». Son cri donne l’opportunité à Tony de subtiliser les deux documents dans sa poche sans attirer l’attention de Renata, le regard fixé sur le journaliste hagard. Après des remerciements et des mots gentils, ils quittent les quartiers de la conservatrice non sans se voir offrir un poster A3 d’un de ses films.
Tous trois réunis au dispensaire, Tony pose les deux documents marqués de la lettrine sur la table pour pouvoir les étudier, à côté de la photo subtilisée par Ernesto. Sur la carte de visite se trouve une adresse que Tom identifie comme étant celle de la façade sur la photo. La lettre se révèle un message d’amour et de tendresse de l’agent de Dan D à l’attention d’Archibald. Cet agent, nommé Madeline Miller, lui exprime dans ses mots la tristesse d’une romance impossible entre eux au profit de la sécurité de l’artiste, ses derniers mots étant « ne me contacte plus ». L’adresse est donc celle de Madeline, et, après avoir vérifié sur internet, la façade est bien toujours la même : ils savent où aller.
L’adresse se trouve dans les bas-fonds d’Aurora, dans un quartier familier pour Tony. Il s’agit d’un très vieux bâtiment sur quelques étages, peu éclairé. Devant le bâtiment, on peut y voir l’arbre qui a été taillé par l’artiste dans la forme du F, avec cinq décennies de plus. Sur la façade, malgré l’usure, le symbole est toujours visible, en relief, pour ceux qui savent ce qu’ils cherchent. Près de l’entrée, avant d’avancer, Tony observe les environs, habitués aux groupes qui circulent dans la zone. Ils sentent qu’ils sont observés, sans parvenir à savoir par qui. L’immeuble a un rez-de-chaussée, avec un gardien. Il y a un interphone et de vieilles boites aux lettres, des escaliers qui montent sur le côté, ainsi qu’une cour à l’écart avec des chaises de jardin vétustes. Le groupe emprunte l’escalier jusqu’à la porte où le nom de Madeline est inscrit. La porte est vieille et ne résiste pas au coup d’épaule de Tony. Elle cède, la serrure casse. L’endroit est plutôt renfermé, sans trop de décorations. Le groupe entre. C’est un lieu pour retraités typique, un fauteuil roulant qui traine, des dessins et quelques plantes très bien entretenues. C’est coquet et assez banal.
Dans la pièce voisine, ils entendent un soupir. Assise sur une chaise roulante, une vielle femme regarde l’extérieur un thé chaud à la main. Elle ne leur prête pas attention, alors qu’ils entrent dans le petit salon. Tom l’interpelle doucement et elle tourne légèrement la tête dans leur direction « vous êtes venus finir le travail ? faites vite. », « le travail ? vous pensez que nous sommes liés à ce qui est arrivé à Archibald ». La mention du nom du conservateur l’a fait réagir, elle se retourne intriguée « comment vous connaissez ce nom ? qui êtes-vous ? ». Tony s’excuse pour la porte, et Tom explique qu’ils étaient inquiets pour sa sécurité et n’ont pas fait dans la dentelle pour arriver jusqu’à elle. Madeline les rassure, le gardien s’occupera des réparations. Ernesto demande immédiatement la localisation de Dan D., et Madeline se referme, ne sachant pas si elle doit leur faire confiance. Tony lui assure qu’ils sont les gentils dans l’histoire.
Une conversation pesante se tient alors. Madeline révèle aux trois compagnons que Dan D est enfermée dans un labyrinthe artistique maudit. Depuis des années elle tente de terminer une oeuvre qu’elle ne peut pas achever, et chacune de ses tentatives a des conséquences. La vieille dame évoque un fragment d’art en sa possession, un artefact conscient qui tente par tous les moyens de la pousser à la faute. Dan D est prisonnière d’une malédiction qui la dépasse et Madeline espère qu’en leur en parlant, ils trouveront un moyen d’enfin la libérer. Les trois hommes confirment, chacun à leur manière, qu’ils feront tout ce qu’ils peuvent pour mettre fin à cette situation.
Madeline se détend et inscrit sur un bout de papier une adresse banale en précisant que ce sera au dernier étage et qu’une fois sur place ils ne pourront plus faire machine arrière. Ils se quittent sur des aurevoirs qui n’augurent rien de bon.
Assis dans leur voiture, les trois compagnons sont encore un peu secoués des informations. Ils savent que l’affaire approche de sa fin. Tom n’arrive pas à se faire à l’idée que quoi que ce soit de surnaturel soit en œuvre, et se persuade comme il peut que les dires de la vieille dame sont avant tout des signes de démence. Tony se raccroche à l’aspect financier, il a besoin de cet argent, et le point de vue rationnel de Tom le rassure, rendant l’affaire moins inquiétante. Ernesto lui, est convaincu que des forces supérieures sont à l’œuvre et n’est pas sûr qu’ils en sortent vivants. Il propose à ses compagnons de se rendre sur place seul, et offre même à Tony sa part de la récompense s’il venait à y laisser la vie. Après une courte conversation, ils prennent la route ensemble, décidant de rester grouper pour cette résolution.
La dernière oeuvre de l'artiste
La nuit est déjà bien avancée lorsqu’ils garent la voiture près de la résidence de Dan D.. Le bâtiment se trouve dans un quartier isolé. Une ancienne école qui a été réaménagée quelques années plus tôt avant d’être abandonnée à nouveau, prévue pour la destruction prochainement. Elle semble vide, où habités par des squatteurs. Tom, sans parechoc cette fois, prend le cric dans la voiture, Tony garde sur lui la bouteille de Whisky offerte par Renata. Ernesto sort du véhicule en chuchotant une prière « Seigneur de l’histoire de l’éternité, toi qui es, qui était et qui vient. Nous levons les yeux vers le jour où toute honte sera essuyée, que vienne ton royaume non comme une crainte mais comme une lumière. Que s’accomplisse ta justice non dans la violence mais dans la vérité et la paix. Dans l’attente de la résurrection promise, garde nos cœurs vigilants. Raffermi notre espérance quand la nuit semble longue ».
Ils entrent dans la bâtisse en ruine, la pluie frappe les rares vitres encore entières. Il n’y a presque pas de circulations, les rares passants pressent le pas pour s’éloigner de leur groupe. C’est un endroit mal famé. Attenant à la résidence, un bâtiment en meilleur état partage avec elle une cour intérieure. Au rez-de-chaussée de la deuxième résidence, un jardinier, affairé à l’entretien de l’espace vert, les salue en les apercevant. L’escalier et vétuste, tout est poussiéreux. Au dernier étage, Ernesto ouvre la marche. Le plancher grince sous leur pas. La porte qui les intéresse est en bon état, de la lumière filtre en dessous. L’ancien militaire frappe trois coups. Quelques secondes plus tard, des pas se rapproche « c’est qui ? ». Ernesto répond « nous venons pour Dan D., nous venons vous libérez. Je suis le Père Ernesto Aguilar. ». Au titre religieux, des cliquetis se font entendre et la porte s’entrouvre « Père ? ».
Un intérieur peu décoré leur apparait, des carcasses de stylos, de feutres, du papier en pagaille. Un visage plein de douceur se dessine dans l’embrasure, une jeune femme d’une vingtaine d’années. La copie conforme des trois Jane Doe. Ses joues sont creusées, ses yeux rougis marqueurs d’une vie de tristesse profonde. « J’ai affaire… on peut discuter pendant que je travaille », dit-elle en laissant la porte ouverte. Elle s’éloigne d’eux, révélant une robe vieillie, blanche, une carrure très maigre, gracile. Autour de l’artiste, des centaines d’aquarelles abandonnées, des lettrines, des dessins, des gravures. Ernesto lui emboite le pas, cherchant à déterminer la marche à suivre. Il aperçoit au milieu des représentations maniaques, des références bibliques à l’enfer et à la damnation. Tom et Tony avancent derrière le Prêtre. Le journaliste repère autour des fenêtres des plantes très bien entretenues, comme chez Madeline.
Dan D s’installe à son bureau, près du salon. Il y a énormément de vieux matériel entreposé, une table de travail, des papiers, des bougies usées dont la cire a fondu et s’est répandue. Un parchemin est déplié au centre, tenu par des pierres plates aux angles. Elle s’applique à en reproduire la lettrine qui y figure au cœur de plusieurs pentacles. De nombreux chiffres sertis de doubles points comme dans de nombreux textes bibliques figurent sur ses reproductions. Ernesto s’approche et lui demande ce que le F représente pour elle. Et elle lui répond qu’il s’agit d’un chapitre, un contrat. Une proposition d’immortalité et d’éternité qu’elle a passé les soixante dernières années de sa vie à refuser et à combattre, malgré le prix à payer pour tenir sa position. Portée par son intention de protéger Aurora au coût de sa propre existence. Le Père lui offre de reprendre le flambeau et de la libérer de cette malédiction qui semble sans fin.
Le bruit de coups rapides sur la porte interrompt leur conversation. Et une voix, reconnaissable pour le groupe, s’élève de l’extérieur « ouvrez ! je sais que vous êtes là ! ». Tony et Tom se rendent vers la porte et l’ouvrent. L’odeur de cigare les saisit aux narines immédiatement et le producteur commanditaire de la mission apparait. Son style est très casse, riche, il est dégarni, des lunettes de soleil sur le nez. Maintenant à découvert, loin de l’obscurité du club, ils reconnaissent Rick Power, un réalisateur de films d’actions très connu. Il s’agace en accusant Tom d’avoir menti sur les conclusions de l’enquête. Tom le coupe, l’invitant à le suivre « je vais vous présenter « l’originale » des trois femmes mortes… essayez de ne pas être trop surpris ou de contenir vos réactions, elle n’est pas très bien. ». Le producteur avance prudemment. Retirant ses lunettes de soleil et s’exclame « wow. ». Tom continue de décrire les conclusions, le fait que toutes les Jane Doe sont liées, que l’affaire est connectée à d’autres mystères d’Aurora. L’homme l’écoute à peine, répétant « wow, elle est magnifique » en s’approchant un peu plus. Ernesto s’interpose, réalisant qu’il ne regarde pas Dan D, mais la page qu’elle tient entre ses mains. Il s’adresse vivement à elle « Dan ! Donnez-moi cette page avant qu’il ne soit trop tard. Donnez-moi cette page, je vous en conjure. ».
- Dan : VOUS ALLEZ FAIRE QUOI ? vous allez accepter ! Vous allez le libérer ! Vous allez accepter ! Vous avez un objectif, vous avez des ambitions ! Ce qui m’a fait tenir jusqu’à maintenant, ce que la page n’attendait pas en me parlant à moi, c’est que MOI je n’ai pas d’attentes autres ! Je cherche dans l’art quelque chose qui nous dépasse tout ! Je ne suis pas…
- Ernesto : Non ! Votre absolu pour l’art, c’est mon absolu pour la religion. Nous partageons le même sacerdoce. Donnez-moi ce poids avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains.
- Reeks : Oh ! Doucement. Tony, tu veux ton chèque ? je te le donne si tu dégages Ernesto.
La situation se tend fortement. Ernesto pointe son couteau vers le producteur sans perdre le contact avec Dan, il la presse de lui tendre la page pour éviter un drame. Tony se range du côté du Producteur sans hésiter et invite Ernesto à se décaler. Tom, tentant d’invoquer les termes du contrat, rappelle qu’ils ne devaient que confier des conclusions sur le dossier, pas remettre un artefact. Reeks s’agace de leur comportement récalcitrant, soutenu par Tony. Le journaliste se glisse entre les deux duos, temporisant. Tony lève la voix « C’est bon, c’est terminé les gars. On prend le chèque et on s’en va. C’était notre mission. Qu’est-ce que vous faites ? vous voulez sauver une vielle femme de vingt ans ? c’est terminé. Ernesto arrête. Tu as déjà assez de morts sur la conscience, on prend notre chèque et basta. C’était la mission depuis le début, on a compris. »
La situation s’aggrave un peu plus quand, de la porte d’entrée, un grattement inquiétant s’élève et une voix féminine s’exprime « Dan D… accepte. Tu les entends… le fardeau… c’est un fardeau pour toi… », une deuxième voix, identique « Oui… écoute les, laisse… passe… », puis une troisième, quatrième, cinquième. Tom s’approche du judas, jetant un œil pour découvrir le visage de Dan, dupliqué par dizaines. Le journaliste regarde autour de lui, voyant au sol la reproduction de la lettrine partout, il s’éloigne de la porte précipitamment et commence à réunir tous les papiers, prêt à les jeter au feu en espérant rompre la malédiction et faire disparaitre les doubles.
Dan, près d’Ernesto, est oppressée par la multitude de voix et par la situation hostile qui se déroule dans ses appartements jusqu’alors calmes. Elle se tient la tête, se masse les tempes « ils essaient de… ils veulent me faire craquer… je sens qu’ils m’en veulent. Ils veulent que j’abandonne. Mais je n’abandonnerai pas. Tant que j’étudie tout ça, ils ne peuvent pas gagner, personne ne gagne. J’ai tout mis en pause, tout le monde… toute la malédiction pour qu’elle ne puisse pas passer la frontière… je porte tout sur mes épaules… il faut que quelqu’un le fasse. Je dois le faire. Il n’y a que moi qui peut… personne n’est aussi fort que moi. Je ne veux pas d’immortalité… ». Tony lève la voix « DONNEZ LA PAGE A POWER ALORS », et Ernesto s’approche d’elle, la pointant de son arme « est ce que vous voulez que je vous libère ? ».
Dan D regarde l’arme sans répondre. Ernesto précise d’une voix calme « mon cœur je l’ai laissé au Panama, avec mes compagnons d’arme que j’ai abandonnés. Un signe de tête et je comprendrais. ». L’artiste le fixe du regard « je suis plus forte que vous tous réunis. ». Reeks s’élance et désarme le Prêtre, lui volant son couteau. Tony ne bouge pas. Tom hurle de brûler la page et Dan répond que ça ne fonctionne pas.
La pression monte quand Reeks ordonne à Tony de se débarrasser d’Ernesto. L’ex mafieux se jette sur son compagnon pour le maitriser. Les voix continuent de s’élever de l’extérieur de plus en plus agressives et menaçantes, entendues principalement par Tom toujours en train de fourrer la cheminée de centaines de manuscrits « EH Dan D, accepte ! C’est un contrat de pas grand-chose. Accepte… s’il te plait. Tu vas toutes nous libérer… on n’aura pas à souffrir comme on le fait depuis des décennies A CAUSE DE TOI ». Ernesto, sentant que la situation leur échappe, décide de lâcher le combat contre Tony – quitte à être blessé – pour tenter de planter un crayon dans la gorge de Dan D. Mais l’ex-mafieux ne le laisse pas faire, le maintenant contre lui. Reeks en profite pour se rapprocher de l’artiste et de la page.
Tom se redresse et décide d’ouvrir la porte aux doubles « vous voulez quitter ce purgatoire ? personne ne meurt ce soir, vous m’y aider et je vous laisse rentrer ». Chacune se tourne vers lui, chaque vie créée par la page pour écraser la volonté de Dan, et sourit. Le sourire se dessine, forcé, en miroir sur le visage de l’artiste, près d’Ernesto. « Si vous acceptez, je prends la charge de la malédiction. ».
Le Prêtre se dégage enfin des mains de Tony, il attrape un crayon de bois et le plante dans la gorge de l’artiste. Il sent l’objet s’insérer en même temps que la lame d’un couteau s’enfonce dans son flanc. L’œuvre de Reeks. L’attaque ne fait pas vaciller sa détermination, il poursuit son œuvre et s’acharne sur la jeune femme. La lame du couteau s’enfonce à nouveau dans ses chairs, pendant que l’artiste se vide de son sang sous ses mains. Tom s’approche, entouré des doubles, protégé de la scène par son escorte. Il atteint le bureau et pose sa main sur la page en murmurant « je crois que c’est mon tour ». Tony réagit, se jetant de tout son poids dans la direction de Tom et des doubles, décidé à l’empêcher de prendre le parchemin. Il est retenu par les répliques.
Ernesto tombe au sol avec Dan, aux portes de la mort, murmurant en boucle « je te libère, je te libère, je te libère ». Le Producteur se tient à ses côtés, lame en main, son regard fixé sur Tom et le parchemin « ça mon gars c’est à moi ». Tom voit son ami se vider de son sang, Tony debout aux côtés de Reeks, son camp choisi. Il se tourne vers les doubles « si Powers prend ma place, vous acceptez ?… ce n’est pas moi qui décide ici. ». Tony tend vivement la main et saisit la page que Tom n’est pas assez vif pour retenir « Arrête mec, on ne peut pas gagner. Prend l’argent et barre toi. ». L’ex mafieux tend la page à Reeks. Le producteur la saisit, attirant l’attention de toutes les dévotes. Puis nettoie la lame du couteau qu’il laisse tomber au sol « On se retrouve bientôt pour la paye… vous avez fait du bon boulot… » puis, avec un regard à l’attention du Père « je suis désolé. Je pense que ç’aurait pu finir autrement », Tony lui dit que c’était inévitable, que le prêtre n’allait pas bien et que ce genre d’affaires ne doit pas souvent laisser les gens en sortir indemnes. Reeks acquiesce et quitte les lieux, suivi par les reliquats du Nécronomicon. Quelques secondes plus tard, Tony entend l’homme pousser un cri de détresse depuis l’extérieur.
Dans la pièce désormais silencieuse, Tom est à genou au sol, près d’Ernesto qui ne lâche pas sa prise sur l’arme qui perce la gorge de Dan. Le journaliste prend la main de son ami « Apaise toi… tout va bien… c’est terminé. Le mal est parti », il lui répond d’un murmure « la mission est finie ? » « la mission est finie… c’est fini, tu peux te reposer » « merci Tom… ». Dans ces derniers mots, Ernesto lâche sa prise et ferme les yeux, soulagé.
Tony, inquiet du cri du producteur, est dans la cage d’escalier, le cherchant du regard. A l’exception du jardinier étrange, il ne trouve aucune trace de Reeks ou des doubles. Rien dans le bâtiment, rien dans la rue. Le bruit d’une sirène de police attire son attention et il crie depuis le rez-de-chaussée pour prévenir Tom de filer. Tom se relève en vitesse, laissant Ernesto au sol dans ses derniers instants, pour emboiter le pas de l’ex mafieux.
Conclusion de la trilogie Jane Doe
Rapidement, dans les jours qui suivent, de gros titres apparaissent dans les journaux. Mais aucun récit ne révèle l’entière vérité, ce ne sont que des détails, une disparition de plus à Aurora. Au SuperGreen, on leur annonce l’expulsion du Producteur Reeks et de certains de ses compagnons, mais que le paiement sera tout de même fait en intégralité. Les membres du club questionnent sur l’absence de Ernesto, ce à quoi Tony dit que le prêtre a été une victime de lui-même, et Tom dit qu’il a complété sa mission.
Tom prendra la route du dispensaire pour informer Charles Reed de la fin tragique d’Ernesto, sans omettre le moindre détail de l’affaire qui lui a ôté la vie. Le journaliste avoue au Prêtre Aumônier qu’il ne sait pas ce qu’il doit faire de ce qu’il a vu, qu’il n’est ni un héros, ni un croyant, mais que l’étrangeté de l’affaire ne le laisse pas indifférent, qu’il continuera à aider les proches des personnes disparues, avant de disparaitre dans les ombres d’Aurora. Tony lui, reçoit un coup de fil de son père, membre de la mafia, qui s’apprête à lui offrir une opportunité, à lui et ses collègues, pour se refaire une réputation dans les bas fonds.
