« Vous êtes membre du club vous aussi ? vous êtes venu chercher trois hommes ? »
– TOM LYNCH –
Pitch
Pour poursuivre une enquête menée en duo et réunir des fonds hautement nécessaires, Ernesto Aguilar et Tom Lynch rejoignent sur les conseils de Jonas Cohen du Daily News Aurora, les murs du Super Green Club, une société secrète des beaux quartiers d’Aurora où des producteurs de cinéma en mal de sensations fortes explorent les intrigues surnaturelles dont la ville ne manque pas. Sur place, ils sont rejoints par Tony « Tout va bien », un ancien mafieux dont la débrouillardise a su séduire les producteurs. Sur place, un mystérieux producteur leur demande de réunir leurs compétences pour mener l’enquête et trouver des réponses à une affaire étrange.
personnages-joueurs
- Ernesto Aguilar, interprété par Guillaume Sheol. Un prêtre aumônier hanté par ses actions passées
- Tom Lynch, interprété par Quentin Tentaculaire. Un journaliste sensationnaliste en quête de l’article qui le rendra célèbre
- Tony « Tout-Va-Bien », interprété par Mathieu Sommet. Un ex-mafieux opportuniste et enthousiaste, à la recherche d’une réussite qui se fait attendre
vidéos
La suite de l’article est une retranscription complète de l’épisode 1 de la triologie, si vous ne souhaitez pas vous divulgâcher la découverte, ne lisez pas plus loin. Les trois épisodes de la trilogie sont accessibles sur YouTube
personnages-non-joueurs (de la trilogie)
- Jonas Cohen, journaliste au Daily News Aurora
- Charles Reed, Prêtre Aumônier de l’Hôpital Militaire
- Richard Johns Hellman, Maire d’Aurora
- Docteur Delacruz, légiste de l’Hôpital Militaire
- Docteur Burns, directeur du Centre Jayden
- Murphy Burns, membre du personnel du centre Jayden
- Giovanni, gardien des espaces verts de l’ouest d’Aurora
- Commissaire Brookes du CCO
- Officier Hodge, agent de seconde zone du CCO
- Catlyn, la propriétaire de la bibliothèque d’Aurora
- Isabella, l’assistante archiviste de la bibliothèque
- Archibald Stewart, fondateur et ancien conservateur du Musée Jones & Jones
- Renata Stewart, comédienne de doublage et conservatrice du Musée Jones & Jones
- Reeks Power, Producteur commanditaire du dossier Jane Doe
- Dan D, artiste maudite
lieux, organisations et centres d'intérêt (de la triolgie)
- Le Braxton Bar
- L’Eglise Saint Victor
- Le SuperGreenClub, société secrète
- Le Daily News Aurora, agence de presse de la ville
- Association POLAR : centre de recherche indépendant des personnes disparues
- L’Hôpital Militaire et centre Medico-Legal
- L’Équipe Sportive des Belettes du High School Aurora
- Le Centre Médico-Légal Jayden, sous les ordres du Directeur Burns
- Le Centre Médico-Légal Troy
- La Pizzeria rue Cynthia
- Le Musée Jones & Jones
- La Bibliothèque et les Archives d’Aurora
- La Maison de repos des bas-fonds
Rencontre au Braxton Bar
L’épisode commence dans la ville d’Aurora, au creux des vallées. C’est dans cette ville, d’apparence plutôt calme (puisque ce qui ne l’est pas échappe à la vigilance de ses habitants), que nos investigateurs se réunissent pour le compte du SuperGreenClub et ses enquêtes ésotériques.
Tom Lynch et Ernesto Aguilar se connaissent déjà, ayant travaillé activement à leur propre enquête qui, par manque de fonds, est au point mort depuis quelques temps. Par l’entremise de Jonas Cohen, un contact Journaliste, Tom et Tony se rencontrent et saisissent l’opportunité offerte par le SuperGreenClub de résoudre l’un de leur dossier en échange d’un salaire conséquent et d’une couverture complète de leurs frais.
Nos trois investigateurs ont rendez-vous au Braxton Bar. Ernesto est en retard de quelques minutes, occupé à convaincre un sans-abri de se doucher pour le compte de l’Église Saint Victor. Pendant l’attente, Tom Lynch, habitué des recherches, enquête sur l’existence du SuperGreenClub et ne trouve aucune information sur son futur employeur. Aucune trace sociale ou juridique n’apparait sur internet, aucun article. Lors de leur première rencontre avec les producteurs, il avait pourtant été informé de ne pas chercher à poser plus de questions que nécessaire sur l’organisation. Tony, lui, les connait un peu plus, mais n’a pas encore eu l’occasion d’agir pour eux et sa curiosité commence à poindre son nez.
Le Braxton Bar est un lieu tranquille, sur les quais ouest, très anecdotique et discret. En attendant le Père Aumonier, Tony utilise sa SuperGreen Card pour commander une première pinte de bière et un jus « d’Aisselle » pour Tom. Le Barman est un homme aux joues creuses, de grands yeux bleus cristallins, le regard acéré, et connait bien Tony. Alors que leurs consommations leurs sont servies, Ernesto entre dans les lieux pour rejoindre ses compagnons. Il dénote largement dans le décor avec sa tenue religieuse, contrairement à Tony et Tom qui se fondent parfaitement au milieu des clients.
Le prêtre avance dignement dans le bar, les clients présents le saluent. Une femme d’une trentaine d’années, probablement une professionnelle du plus vieux métier du monde, s’adresse à lui pour faire la demande d’un exorcisme. Il lui indique que le démon est probablement dans son verre et nulle part ailleurs avant de commander une bière et de rejoindre rapidement ses collègues. Tony renifle, son attention concentrée sur des tickets de jeux d’argent, Tom est plongé sur son téléphone comme à son habitude. L’ambiance est légère, Ernesto les salue et s’installe.
Après quelques courts échanges, Tom reçoit un message du SuperGreenClub les invitant à les rejoindre pour leur rendez-vous. Tom, certain que leur contact est présent dans le bar, se rapproche d’un client qui les observait du coin de l’œil. L’homme se révèle être un quidam classique, légèrement paniqué face aux questions étranges et insistantes du Journaliste. Ernesto et Tony, réalisant la confusion de leur compagnon, viennent l’extirper de l’échange inconfortable pour prendre la direction de la presqu’île d’Aurora, leur destination.
Sur le chemin, ils aperçoivent, de l’intérieur de leur Toyota, les supporters survoltés des Belettes dans les rues, vêtus et accessoirisés des symboles de leur équipe favorite qui, depuis quelques temps, enchainent les victoires et semble inarrêtable. Quelques bouchons ralentissent leur progression, mais ils parviennent tout de même sans grande difficulté jusqu’aux quartiers huppés, débordant de richesse, de la presqu’île d’Aurora. Les grands bâtiments se succèdent, espacés les uns des autres, le vis-à-vis y est faible.
La voiture du groupe fait tâche dans la zone, même garée dans une ruelle sombre. Devant le grand bâtiment de leur rendez-vous, un gardien les accueille, en costard cravate, les lunettes de soleil sur le nez. Dans les lieux, en descendant les escaliers, l’ambiance se densifie. Il y fait sombre, les ombres en longueur, les couleurs ténues.
Le Super Green Club
D’un coin, une respiration bruyante attire leur attention. Le bout d’un cigare luit dans l’obscurité, une voix s’élève, leur souhaitant la bienvenue. Leur client, qui demande à se faire appeler « Monsieur » leur tend le dossier d’une affaire ayant éveillés la curiosité des producteurs. Durant l’interaction, « Monsieur » précise qu’ils seront seuls sur cette affaire et qu’il est attendu d’eux qu’ils fassent la lumière sur les mystères rapidement.
Le dossier renferme les photos de trois corps, trois cadavres. Trois « Jane Doe » partageant un ADN identique, d’âges pourtant différents, retrouvées assassinées au même moment dans diverses zones d’Aurora et actuellement localisés dans trois centres médico-légaux différents. Les informations de ce dossier ont été difficiles à récupérer pour le club, et ont nécessité des détours peu légaux. Tony s’inquiète et préfère s’assurer de ne pas avoir à voler des cadavres et le producteur les rassure, il ne veut que comprendre comment trois personnes à l’ADN identique, a priori sans lien, se retrouve toutes trois mortes et non-identifiées en à peine quelques heures. Le producteur s’éloigne, les prévenant qu’ils ont un jour pour identifier une piste et conserver le contrat avec le club.
Installés dans le petit salon, les trois compagnons réfléchissent à la marche à suivre en épluchant le dossier.
Les cas sont simplement détaillés : La première victime est une jeune femme, d’environ vingt-cinq ans, morte d’un coup de couteau ayant traversé son coeur depuis le dos, elle a été prise par surprise. La deuxième, âgée d'une trentaine d'années, a des marques de strangulations et d’étouffement et a été retrouvée dans le canal. La dernière, d’une quarantaine d’années, a été rouée de coup jusqu’à succomber d'une hémorragie interne, elle s’est débattue et possède probablement de l’ADN de son agresseur sous ses ongles. Aucune n’est identifiée, elles sont toutes brunes, aux coupes de cheveux différentes. La plus jeune a un carré plongeant, la deuxième les portent longs, et la dernière a des cheveux plus délavés. Elles portent chacune des signes d’un peu de richesse, seule la première porte une alliance.
Dossier Jane Doe
Tony, pris d’une intuition superstitieuse, trace des lignes entre les lieux de découverte des cadavres et localise un lieu : un parc. Pour Ernesto, la proximité des lieux de découverte les informe qu’il s’agirait d’une zone de chasse d’un agresseur unique. De la connaissance de Tony, la présence d’une alliance au doigt de l’une d’elle exclurait la possibilité qu’il s’agisse de l’action des petits malfrats d’Aurora.
Tom, de son côté, après avoir vérifié les articles du Daily News Aurora pour des indices complémentaires, propose de simplement commencer par prendre la direction des centres médico-légaux pour récupérer les dossiers d’autopsie. Ernesto mentionne la présence de Charles Reed dans l’un des centres, un de ses collègues de l’Église Saint Victor, et pousse pour démarrer par l’hôpital militaire.
Ils se mettent en route et, dans les bouchons, les trois compères discutent. Ernesto et Tony débattent sur la notion de Chance et le fait que celle de l’ancien mafieux ne devrait plus tarder, pendant que Tom écoute attentivement les news à la radio. Il est fait mention de la rénovation de l’Église Saint Victor, paroisse où Tom et Ernesto logent, ainsi que de la campagne politique visant une éradication de la corruption d’Aurora par l’actuel maire Richard Johns Hellman. Sur le chemin de leur destination, le trafic s’intensifie jusqu’à les forcer à l’arrêt.
Un homme tape à la vitre et réclame de l’argent à Tom, au volant. C’est un vieil homme, sale. Ernesto lui tend 5$, qu’il prend avec gratitude avant d’insister auprès de Tom pour un peu plus. Ne parvenant pas à s’en défaire, Tom tente de fermer la vitre mais est un peu trop lent et, l’homme pointe la lame d’un couteau contre la joue du journaliste avant de répéter plus dangereusement « t’as pas un billet mon gars ? ». Choqué par le geste, et toujours immobilisés dans les bouchons, Tom sent sa tension monter et une crise de Tics nerveux l’envahit. Il tente de forcer le passage pour mettre de la distance avec son agresseur, et rentre vivement dans la voiture devant eux. Tony sort de la voiture en voyant que la situation dégénère. Le vagabond, entendant les sirènes de la police au loin, s’enfuit avant que l’ex mafieux ne puisse agir.
Déconvenues policières
Le propriétaire de la voiture emboutie sort et s’énerve alors que la police approche. Tony, déjà dehors, tente d’apaiser la situation en arrondissant les angles. Tom, plein de bonne foi, prend ses responsabilités et assure que les réparations seront à sa charge et à celle de son assurance. Mais, encore choqué par son agression, sa proposition pleine de bonne volonté parait plus agressive qu’elle ne l’est, et ses tics nerveux le décrédibilisent. Voyant que la situation ne va pas dans leur sens, Tom fait remarquer qu’il est quand même une victime dans l’histoire et provoque la police plus que nécessaire. L’agent ne se laisse pas faire et passe les menottes au journaliste qui s’exclame « et les droits constitutionnels ? Vous connaissez les droits constitutionnels ? » avant d’entrer dans la voiture de police. Ernesto tente de raisonner l’agent en rappelant les faits avec l’appui de Tony, alors que Tom hurle « un peu agressif ? il m’a mis un couteau sur la joue ! ».
Sans parvenir à dénouer vraiment la situation, ils sont informés que Tom sera libéré contre caution et qu’un dossier va être transcrit au poste. Ernesto, utilisant toute son intensité d’ancien militaire, parvient à connecter avec l’agent qui l’invite à entrer dans la voiture au côté de Tom. Tony, de son côté, reprend le volant de la Toyota de location pour les suivre, la musique à fond.
A l’arrière de la voiture de police, Ernesto tente de calmer Tom qui profite des mots de réassurance de son compagnon pour transformer leur situation en opportunité. Il s’invente une nièce disparue, espérant provoquer un élan d’empathie de la part des agents et leur soutirer des informations. Son subterfuge fonctionne et le policier se retourne, demandant des détails sur la disparition de cette fameuse nièce. Tom évoque l’association POLAR qui aide à retrouver les personnes disparues, et son inquiétude grandissante. Il justifie son comportement et ses réactions par le stress provoqué par cette histoire inventée et parvient à convaincre l’agent de sa bonne foi. L’agent est rassurant, restant ferme malgré tout sur la procédure en cours.
Au poste, pendant que Tony se prend la tête avec un nouvel agent pour une place de parking, Ernesto et Tom règlent administrativement leur situation. C’est plus calme que le journaliste et le prêtre rejoignent l’ex mafieux. Tom finit de détacher le pare-chocs de la Toyota et le range dans le coffre avant de se réinstaller dans l’habitacle.
L'hopital Militaire
Enfin libres de leurs mésaventures judiciaires, les trois compagnons parviennent enfin sur le parking de l’hôpital militaire. La zone est active, des infirmiers circulent, Ernesto est dans son élément. Il propose à Tom et Tony de prendre contact seul avec Charles pour éviter les débordements et permettre une conversation plus intime et efficace. D’abord vexés par la proposition, Tony et Tom acceptent et décident de s’adresser à d’autres membres du personnel pour réunir des informations complémentaires.
Tom fait un détour par la boutique du service de pompe-funèbre et récupère une boite de chocolats sur laquelle est écrit « désolé » avant de rejoindre Tony à l’accueil. Ernesto, de son côté, pénètre l’hôpital à la recherche de Charles.
La secrétaire du centre, nommée Elsa, accueille Tony et Tom. Face aux phrases d’accroche un peu lourdes de l’ex-mafieux, elle leur sourit de dépit et leur demande les raisons de leur venue. Tom précise qu’ils sont là sur les conseils de POLAR, cherchant à identifier la Jane Doe qui a été amenée ici quelques jours plus tôt, inquiet qu’il puisse s’agir d’une de leurs connaissances. Le journaliste force le trait des déboires administratifs dans lesquels ils seraient virtuellement plongés et tente comme il peut de provoquer son empathie. Tony appuie ses propos maladroitement, rendant le propos plus confus encore. Malgré tout, par un tour de force presque divin, elle accepte de les renseigner et récupère la boite de chocolats « désolé » d’un geste sec.
Ernesto repère son collègue dans un des couloirs, en train de prodiguer des soins à un militaire en sale état. Étonné de voir son collègue, Charles se rapproche pour comprendre les raisons de sa venue. Le Père explique le nouveau cas qui lui a été confié et les réponses qu’il espère trouver à l’hôpital militaire. Charles lui confie Joseph, le militaire mal en point, avant de revenir rapidement avec des réponses peu engageantes. Le corps de la Jane Doe a été incinérée vers 15h, le dossier a été classé sur demande fédérale. Ernesto est surpris de la vitesse de traitement et s’accorde avec Charles pour récupérer le dossier discrètement.
Le Père Aumônier s’exfiltre des couloirs et dépasse furtivement l’accueil où Tony et Tom sont menacés d’être raccompagnés hors des murs par la sécurité. Le duo quitte les lieux, non sans éclat de voix face à la réticence du personnel de leur venir en aide. Ernesto les attend à l’extérieur pour faire le point sur leurs découvertes. Charles les rejoint pour prévenir Ernesto que le dossier qu’il souhaitait lui confier a disparu et précise qu’il va alerter l’administration de ce détail. Il leur partage en revanche le nom du légiste ayant autopsié Jane Doe : le Docteur Delacruz.
Toujours optimiste, Tony rappelle que s’ils ont fait chou blanc sur ce centre, il en reste tout de même deux où la chance leur sourira sans doute. Ernesto est un peu moins enthousiaste, inquiet qu’en l’absence de contact en interne, l’information leur échappe. Face à la situation, plusieurs options s’offrent à eux, poursuivre leur recherche dans les centres suivants, jeter un œil dans le Parc identifié par Tony plus tôt, ou localiser et rencontrer le Docteur Delacruz et, en l’absence de rapport médical, au moins recueillir ses souvenirs de l’autopsie.
Trois Groupes de un
Après avoir étudié les possibilités, et Tony se sentant inspiré par sa superstition, ils décident de se séparer et de couvrir plus de terrain en un temps court. Tom prend la direction du centre Jayden dans sa Toyota, au sud-ouest d’Aurora, Ernesto reste sur place pour intercepter le Docteur Delacruz à la fin de son service, et Tony se précipite vers le Parc au centre de la zone espérant une nouvelle piste.
Sans chercher la discussion particulièrement, Ernesto s’installe sur un banc devant l’Hôpital Militaire et feuillette sa bible en patientant. Il n’attend pas longtemps avant que le légiste fasse son apparition. C’est un homme d’une soixantaine d’années, plutôt fin, une moustache impeccable et une valise à la main. Ses lunettes en cul de bouteille grossissent ses yeux démesurément. Son regard croise celui du Père Aguilar alors qu’il s’apprêtait à filer rejoindre son épouse. Sans fioriture, Ernesto le questionne immédiatement sur le cas Jane Doe, expliquant qu’il œuvre dans la même direction que l’association POLAR, et jouant de son statut de Prêtre Aumônier pour apaiser les doutes. Delacruz ne se sent pas particulièrement en confiance et sursaute lorsque son interlocuteur sort de l’intérieur de sa veste son texte sacré, il écourte la conversation sans donner plus d’information et file vers son véhicule.
Tony, de son côté, entre dans le Parc qui occupe sa superstition. La nuit commence à tomber et l’espace ne tardera pas à fermer. Un peu tendu, il réalise que trois gamins ne le lâchent pas du regard. Il les interpelle sans aucune délicatesse « Vous regardez quoi bande de trous du cul ? » et après une réponse tout aussi polie, les gamins lui jettent un caillou, que Tony garde superstitieusement dans sa poche, avant de filer dans les profondeurs du Parc retrouver leur père qui vient s’expliquer avec l’ex-mafieux. Après un échange expéditif, l’homme s’éloigne et Tony reprend sa recherche. Son attention est attirée par l’agencement de trois toboggans, il s’en approche un peu inquiet.
Sur le chemin du Centre Jayden, Tom reçoit des informations complémentaires sur les centres médico-légaux à l’ouest d’Aurora. Intrigué par l’existence de trois espaces dans une zone si restreinte, il découvre qu’ils ne devaient à l’origine ne former qu’un établissement, mais, la ville étant en grande expansion, il fut décidé d’en créer trois pour juguler les cas de manière plus fluide. Sans trop réfléchir, il fait suivre l’article à ses compagnons par sms et poursuit sa route.
L’heure avance, et dans son investigation, Tony est interrompu par Giovanni, un gardien des espaces verts, qui le prévient de la fermeture imminente en le pointant de la lumière agressive de sa torche. Temporisant l’échange, l’ex mafieux se positionne au centre des trois toboggans et découvre, en déblayant un tas de branches, un petit camion de pompier frappé du numéro de série « 5678-678-678 » qu’il glisse dans la même poche que son caillou. Giovanni le menace d’appeler la police s’il ne file pas vite, et Tony réalisant que se faire chopper par la police deux fois dans la même journée porte malheur, quitte le parc. Pour tenir au courant ses compagnons, il envoie un selfie de lui devant les toboggans à toutes fins utiles.
Au Centre Jayden, Tom se gare alors qu’un homme, d’une vingtaine d’années aux grandes lunettes et à l’allure hipster, est en train de fermer la grille. Il se nomme Murphy. Tom l’informe qu’il travaille sur des affaires concernant des personnes disparues et qu’il vient se renseigner au sujet d’une Jane Doe ayant été rapatriée sur les lieux récemment. Réalisant que Murphy est un peu fuyant, le journaliste lui glisse un billet de 50$ espérant le convaincre, qu’il saisit après avoir indiqué qu’un plus haut montant lui garantirait de meilleures informations. A la surprise du journaliste, Murphy lui précise que l’autopsie n’a rien révélée de plus et qu’à 17h le corps a été incinéré sur ordre de la hiérarchie, spécifiquement ceux du Directeur Burns, après classification de l’affaire par la police.
Après négociation sous la forme d’un nouveau billet, Murphy lui promet de lui faire suivre le dossier d’autopsie par message, et Tom file rejoindre ses compagnons au Centre Troy en espérant arriver avant que le troisième corps ne soit incinéré à son tour.
Le centre médical Troy
Tom fait le choix d’aller chercher des pizzas dans le restaurant le plus proche sur la rue Cynthia et de créer une diversion permettant à ses compagnons de se glisser dans le centre sans se faire repérer. Il en récupère deux et s’approche d’une silhouette malingre, la cigarette à la bouche, l’attention accaparée par un jeu sur son téléphone. Prétextant une difficulté à trouver son adresse de livraison, Tom interpelle la silhouette et lui demande de vérifier si la commande ne viendrait pas d’un de ses collègues du Centre. L’homme acquiesce, se renseignant sur le gout des pizzas, il propose de les garder et Tom accapare activement son attention, enchainant tous les sujets lui passant par la tête.
La voie libre, Ernesto et Tony s’infiltrent dans les couloirs de la morgue. Tom s’installe dans la voiture, son téléphone en main, prêt à intervenir pour leur permettre de sortir sans difficulté. L’espace est tranquille, presque vide, le Père se signe sous les yeux d’un Tony attentif, ils se faufilent près du secrétariat, dépassent la salle de stockage des corps, lorsque le bruit d’un brancard que l’on déplace se fait entendre. Pour ne pas se faire repérer, Ernesto se glisse dans la salle des corps, Tony reste au niveau de la porte pour surveiller le passage.
Sur les frigos, il y a des post-it. L’un d’eux est ouvert, vide, annoté de nom « Jane Doe ». Rapidement les deux hommes réalisent que le brancard dans les couloirs est probablement celui du corps qui les intéressent et s’apprête à leur échapper. Sous adrénaline, stressés, les deux sortent en vitesse de la salle. Le plus discrètement possible, ils se précipitent vers le crématorium. En y entrant, ils entrent tous deux en collision avec un brancard laissé devant la porte. Déséquilibrés, au sol, ils voient devant eux la silhouette d’une personne en tenue de médecin, une capuche sur la tête, très maigre, en train de se débarrasser d’un corps dans les flammes du four. Le bruit de leur chute attire son attention et elle se retourne.
Son visage leur apparait alors, la peau calcinée lorsqu’elle est présente, une dentition noirâtre apparente sous une absence de lèvres, le nez presque inexistant. Un craquement se fait entendre, celui de sa nuque, et, alors que Tony se relève vivement, la silhouette plonge vers eux, un couteau rouillé à la main.
Ernesto parvient à s’interposer avant que Tony ne charge et l’arme s’enfonce dans son ventre. Lui criant de fuir, et de prévenir Tom, le père réalise, à l’absence de paupière sur le visage décharné, que leur ennemi n’a rien de naturel et il commence à réciter une prière, dans l’espoir que Sa main le guide. « Que le Seigneur, le Saint Esprit, le Christ ressuscité, viennent en aide à l’humble pêcheur que je suis. Par Saint Michel, Saint Jean et Saint George, que soit pourfendu les serviteurs du malin, que son règne vienne et que vous retourniez dans les ténèbres qui vous ont vu naitre ».
Tony, qui a refusé de fuir, renchérit d’un « Et prends ça dans ta gueule enfoiré » en lui assénant un coup violent dans la mâchoire dont une partie se détache et tombe au sol. La créature lâche sa prise sur Ernesto et, se redressant après l’attaque, serre sa main décharnée sur son couteau. Prête à attaquer à nouveau.
Sous les yeux terrifiés du Père, l’arme blanche s’enfonce dans le flanc de l’ex-mafieux qui se met à saigner abondamment sous les râles terrifiants de leur agresseur. Ernesto sent la terreur le saisir, des souvenirs de son passé lui reviennent, les images de ses compagnons charcutés, la certitude de l’espoir qui disparait. Sans parvenir à se ressaisir, le Père s’enfuit, abandonnant son compagnon dans une flaque de sang grandissante. Désormais seul, Tony maintient le couteau dans sa plaie, tentant de limiter les dégâts et repousse violemment son assaillant. Maudissant Ernesto qui, de son côté, atteint la sortie, il parvient à sortir de la pièce, bloquant la porte de son corps.
A l’extérieur, Tom voit apparaitre le Prêtre, blême. Réalisant que la situation est critique, il se précipite vers le coffre de la voiture et se saisit du pare-chocs avant de s’élancer dans le centre à son tour. Sous ses yeux, au fond du couloir, la silhouette de Tony, en mauvaise posture, bloquant l’accès à une pièce. Sans hésiter, il se précipite dans le couloir. Tony lui hurle de venir l’aider, alors que la créature tente de le planter de son arme par l’embrasure. Le journaliste s’apprête à attaquer lorsqu’il prend acte de l’apparence terrifiante de la créature. Un craquement résonne dans l’espace, le bruit conjoint de deux crânes violemment frappés par un pare-chocs. Celui de la créature terriblement blessée qui tombe au sol, et celui de Tony qui s’effondre à son tour, sonné, son camion de pompier s’échappant de sa poche.
Tom s’approche de leur ennemi pour s’emparer de l’arme rouillée et ne parvient pas à en éviter l’attaque sournoise. La lame déchire la peau de son bras et la créature se redresse, titubante. Le crâne enfoncé, du sang échappant de toutes ses plaies, la mâchoire ne tenant presque plus, elle avance, prête à attaquer à nouveau. Son attention sur le journaliste. Tom prend un nouveau coup violent, le couteau traversant complètement son bras et provoquant une immense hémorragie et, avec le peu de conscience qui lui reste, le journaliste tente de maintenir à distance l’ennemi avec son pare-chocs qu’il ne tient plus que d’une main.
A l’extérieur, Ernesto se réfugie dans la Toyota et attrape son téléphone, appelant le 911 en panique « Allo oui ! Il faut venir nous aider, il y a deux blessés ! Y a quelqu’un qui nous agresse avec un couteau ! On est à la morgue rue Cynthia ! Venez ! Je vous en prie, je vous en conjure, la situation est grave ! Je suis dans une voiture, j’ai peur ! Envoyez les hélicos ! Ils sont là, ils vont nous tuer, ils vont nous torturer »
A l’intérieur, Tony rampe, profondément blessé, tentant de fuir la scène et de récupérer son camion de pompier. Il se répète « Tout va bien, tout va bien… tout va bien » comme un mantra désespéré.
La créature s’apprête à attaquer Tom à nouveau.
